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Articles et témoignages

La parole à Céline Muller du Centre Eden à Cuisery (71)

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Régulièrement, la parole est donnée à l'un des partenaires de la plate-forme de l'EEDD, afin qu'il présente sa structure et ses actions dans le domaine de l'EEDD. Coup de projecteur sur le Centre Eden à Cuisery (71) par Céline Muller, animatrice territoriale.

1) Quelles sont les missions du Centre Eden ?

Le Centre Eden a ouvert pour les scolaires en 1998 à l’initiative du Conseil départemental de Saône-et-Loire. Un espace muséographique a ensuite été ouvert en 1999. Le lieu a été choisi notamment pour sa position géographique permettant un accès rapide à des milieux naturels variés représentatifs de la région : bocage, pelouse calcaire, forêt, milieu humide… sans oublier la lande sableuse de la Réserve naturelle de la Truchère, et du Site des Charmes dans l’Ain. En effet, la mission que s’est donnée le Centre Eden est la sensibilisation à l’environnement d’une manière générale, et à la nature qui nous entoure en particulier.

 

2) Quelles sont les différentes actions que le Centre Eden mène dans le domaine de l’EEDD et les outils mis en place ?

Le Centre Eden mène donc des actions d’animation auprès des publics qui en font la demande : les scolaires tout d’abord, de la maternelle au lycée, les centres de loisirs, les personnes en situation de handicap, le grand public, autour de différents thèmes : nature, développement durable, mais aussi l’astronomie, prolongeant la découverte de l’environnement diurne à celle de l’environnement nocturne. Lors des animations, le contact avec le terrain est privilégié, d’où de nombreuses sorties, mais aussi grâce à l’animation en petits groupes (13 élèves maximum par animateur).

 

Le Centre Eden poursuit également sa mission pédagogique à travers :

  • son espace muséographique, accessible aux groupes et au grand public, guidés ou libres, avec possibilité d’utiliser des tablettes tactiles ;
  • un programme de manifestations évènementielles : conférences, évènements nationaux (Nuit des musées, Fête du patrimoine, Nuit des étoiles), Foire Nature annuelle ;
  • une exposition temporaire réalisée par l’équipe. Cette année, il s’agit de l’exposition « L’odyssée du vol », et l’année prochaine verra l’ouverture d’un cabinet de curiosités. Les expositions des années précédentes sont disponibles au prêt.

Enfin, depuis quelques années, le Centre Eden collabore au travail du Conseil départemental sur les Espaces Naturels Sensibles, par des relevés naturalistes et des propositions autour du plan d’interprétation des sites.

 

3) Selon vous, quel est l’intérêt de la plate-forme de l’EEDD (pour vous et les acteurs du territoire) ?

Le principal intérêt de la plate-forme de l’EEDD pour le public est de recenser les actions et les outils qui peuvent être de nature très diverses et portés par des structures également très diverses, donc pas toujours facile de s’y retrouver sans un tel outil !

En tant qu’acteur, cela donne une visibilité sur ce que nous faisons, mais aussi sur ce que des partenaires potentiels font, et ainsi permettre de donner des idées d’actions communes, de trouver des personnes ressources, des outils…

Même si cela ne fait pas tout, la plate-forme permet aussi de symboliser un lien entre acteurs et donner l’impression de faire partie d’un tout plus palpable.

Centre Eden Cuisery

Le Parc naturel régional du Morvan accueille les écoles du territoire pour leur faire vivre les continuités écologiques

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Le Parc naturel régional du Morvan a organisé un rassemblement des écoles du territoire le 18 mai, autour de la thématique de la continuité écologique. Colombe Baucour, chargée de mission Éducation à l'environnement et au développement durable du Parc, nous présente cet évènement et les olympiades de la continuité écologique vécues par les enfants.

1) Pouvez-vous nous dire en quoi consistait le rassemblement des écoles du 18 mai ? Quel était le programme ? Comment la journée s’est-elle passée ?  

C’est la deuxième année que le Parc naturel régional du Morvan propose ce grand rassemblement entre les écoles du territoire. Il a été initié fin 2015 dans le cadre de la COP 21. Les enfants avaient élaboré un projet en lien avec le dérèglement climatique qu’ils ont pu présenter aux autres écoles. Le parc avait alors accueilli huit classes, soit 160 enfants, sur une journée.

Devant le succès de cet évènement, le Parc a décidé d’organiser à nouveau un rassemblement de plusieurs écoles du territoire cette année, le 18 mai.

L’année 2017 a vu la fin du programme Life+ « Continuité écologique » et dans ce cadre, nous avons pensé qu’il serait intéressant de créer un évènement autour de la biodiversité de nos cours d’eau et de la notion de continuité écologique pour les jeunes morvandiaux qui seront les citoyens de demain.

Près de 10 classes, soit 216 enfants, se sont inscrits pour participer à cet évènement.

En amont, ils ont tous bénéficié d’une animation en classe sur la thématique de la continuité écologique. Ils ont ainsi pu découvrir les espèces emblématiques de nos cours d’eau : truite Fario, lamproie de Planer, écrevisse à pattes blanches, moule perlière et chabot.

A la fin de cette première journée d’animation, de nombreux documents ont été fournis aux élèves et aux enseignants pour leur permettre de réaliser un travail de restitution sur « leur rivière idéale », travail qui a été présenté lors de la journée du 18 mai.

La journée du 18 mai s’est articulée autour de deux temps forts :

- Une demi-journée consacrée à la présentation des restitutions, en présence de Julien Bouchard, de l’Agence française pour la Biodiversité, qui a également animé une conférence et les discussions.

- L’autre partie s’est déroulée dans l’enceinte de la maison du Parc à Saint-Brisson : les enfants ont participé à une olympiade de la continuité écologique.

Cette journée de restitution a reçu un écho très positif, tant du point de vue des enfants que de celui des enseignants. Les jeunes Morvandiaux ont pu échanger dans la convivialité sur un sujet en lien direct avec leur environnement proche.

 

2) Vous avez profité de la journée pour organiser des olympiades de la continuité écologique : en quoi cela consistait-t-il ? Comment les enfants ont vécu cette activité ?

Grâce aux animations en amont et au travail complémentaire des enseignants, les enfants ont appris à connaître les espèces emblématiques qui peuplent nos cours d’eau, leurs modes de vie et leurs modes de déplacement et bien sûr, les difficultés qu’ils peuvent rencontrer.

Lors de ces olympiades, les enfants ont été invités à se mettre dans la peau de cinq espèces et, pour chacune d’entre elles, ils ont passé des épreuves en relation avec les obstacles qu’elles sont amenées à rencontrer.

Compte tenu de l’organisation que cela nécessitait, ces olympiades n’ont pu se dérouler que grâce à l’implication d’une grande partie de l’équipe du Parc.

Au final, les olympiades ont été très appréciées des enfants, car ils ont vécu des activités ludiques et prenantes qui ont également permis de les sensibiliser à la fragilité et à l’importance des espèces de manière positive.

 

3) Cette journée était la clôture d’un programme plus vaste. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Cette journée était en effet en lien avec la clôture du programme Life+ « Continuité écologique » porté par les Parcs naturels régionaux du Morvan et des Ballons des Vosges. Un colloque de restitution s’est tenu à Beaune du 31 mai au 2 juin 2017. Ce programme, qui a duré six ans, a permis, par le biais d’aménagements, de rétablir un habitat propice aux espèces patrimoniales par la restauration des continuités écologiques.

Ces espèces font partie de notre patrimoine, de notre environnement proche. Il était important que les petits morvandiaux soient de la partie, qu’ils apprennent à connaître cette richesse présente sur le territoire et que cela leur donne envie par la suite de la préserver.

En ce qui concerne les projets menés par les classes, ils ont été multiples. Ils ont pris la forme de panneaux, de romans photos, de maquettes, de poésies, de diaporamas…

Nous avons volontairement laissé une grande marge de manœuvre aux enfants et aux enseignants afin de ne pas les brider dans leur créativité. La seule consigne était : « Quelle serait pour toi ta rivière idéale ? »

Un autre programme est prévu pour l’année prochaine, le but étant de faire de la journée des écoles un évènement annuel. Nous sommes pour le moment en pleine réflexion sur le thème.

 

Crédit photos : Céline Lebourg du Parc naturel régional du Morvan

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Le pôle Éducation et Société du Réseau Canopé

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Lucile Boucly, chargée de mission Éducation et Société, nous présente les actions du Réseau Canopé en matière d'Éducation au développement durable (EDD) en Bourgogne-Franche-Comté.

Opérateur public présent sur l’ensemble du territoire, une des missions fortes de Réseau Canopé consiste à accompagner les acteurs de l’éducation pour favoriser la formation de citoyens informés et responsables, et contribuer à l’épanouissement des élèves, facteur de réussite scolaire. Nombreux sont les axes qui participent à cette mission : l’éducation à la citoyenneté, la santé et le bien-être à l’école, l’inclusion scolaire, la lutte contre les inégalités, l’éducation aux médias et à l’information, les pratiques de coéducation ou encore la continuité des parcours scolaires.

Afin de coordonner les actions que mène le Réseau Canopé sur ces thématiques, un service « Éducation et Société » a été créé au 1er septembre 2016 au sein de la direction territoriale des académies de Besançon et de Dijon. Ce pôle « Éducation et Société » est constitué de deux personnes :

 

En s’appuyant sur les équipes des huit Ateliers Canopé du territoire de Bourgogne-Franche-Comté, ce pôle vise à renforcer les actions autour de ces thématiques à travers la mise à disposition de ressources et d’outils pédagogiques, une expertise et des conseils, des formations et des animations auprès des enseignants et de tous ceux qui interviennent dans les classes.

L’Éducation au développement durable, composante du « vivre ensemble », est un axe de travail qui est progressivement développé. Cela se traduit, par exemple, par la création de contenus en lien avec la Semaine européenne du développement durable pour les portails documentaires des CDI des collèges et lycées, ou encore par la constitution de mallettes pédagogiques autour des 17 objectifs de développement durable définis par les Nations Unies.

 La contribution des ateliers Canopé à l’enrichissement de la plate-forme de l’EEDD est l’un des volets de ce développement.

 

L’alimentation de la plate-forme de l’EEDD en Bourgogne

  • Depuis plusieurs années, des sélections thématiques d’outils pédagogiques sur les divers aspects de l’Éducation au développement durable, réalisées par l’Atelier Canopé 21 - Dijon, sont proposées sur la plate-forme de l’EEDD. Pour chaque thème et chaque niveau scolaire, on accède à une liste de références qui est mise à jour automatiquement en fonction des nouvelles ressources disponibles en prêt.
  • Cette année, c’est au tour des Ateliers Canopé 58 - Nevers, 71 - Mâcon et 89 - Auxerre de rejoindre la plate-forme et de signaler une sélection d’« Éduc’Objets » (mallettes pédagogiques, jeux éducatifs, expositions, etc.) disponibles en prêt. À terme, les outils pédagogiques des Ateliers Canopé de l’académie de Besançon seront également référencés pour à la fois enrichir la plate-forme et rapprocher les ressources des utilisateurs.

 

 Pour retrouver toutes les ressources de Réseau Canopé qui relèvent de l’Éducation au développement durable : https://www.reseau-canope.fr/vivre-ensemble/education-au-developpement-durable.html

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Les collégiens de Côte-d'Or à la découverte du patrimoine naturel des Espaces Naturels Sensibles du département

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Depuis trois ans, le Conseil départemental de la Côte-d’Or construit une politique d’éducation à l’environnement qui s’inscrit dans son Schéma départemental des Espaces Naturels Sensibles (ENS), en proposant un catalogue de projets pédagogiques aux collèges de Côte-d’Or. L’offre de projets pédagogiques est construite en collaboration avec l’Académie de Dijon, qui veille ainsi à la cohérence des activités proposées avec les attendus des programmes scolaires des collégiens. 

 

Les projets pédagogiques

Pour élaborer son catalogue, le Conseil départemental de Côte-d’Or sollicite des acteurs de l’éducation à l’environnement et plus particulièrement de la sensibilisation au patrimoine naturel, à travers un appel à projets, lancé auprès de structures du département susceptibles de proposer une offre pédagogique variée.

Les projets proposés aux collèges par ces structures doivent répondre à plusieurs critères :

  • Permettre l’engagement d’une réflexion sur les enjeux liés au patrimoine naturel du département et l’acquisition de connaissances sur les richesses et menaces qui le caractérisent pour aboutir au développement de comportements éco citoyens.
  • Etre destinés aux élèves des collèges du département et donc adaptés au fonctionnement et aux programmes des collèges, notamment celui des sciences de la vie et de la Terre.
  • Mettre en œuvre des démarches pédagogiques adaptées, privilégiant des approches diversifiées, notamment expérimentales et interdisciplinaires, mais également sensibles, et destinées à conférer aux élèves un statut d’acteurs.
  • Proposer l’alternance entre travaux en classes et sorties sur le terrain.
  • S’inscrire dans une démarche globale de développement durable.

 

Retour sur l'année scolaire 2016/2017

Pour l’année scolaire 2016/ 2017, dix projets ont été proposés aux collèges de Côte-d’Or par sept structures.

Dans le Châtillonnais, la Maison de la Forêt a proposé plusieurs projets : la découverte des marais tufeux, de leur origine et de leur biodiversité ; la découverte de la forêt dans son ensemble ou des zones humides du Châtillonnais et leurs affluents.

L’Office national des forêts (ONF) a proposé deux projets pour découvrir l’avifaune des forêts du Châtillonnais ou les mares forestières dans le Châtillonnais ou le Val de Saône.

L’EPTB Saône et Doubs proposait d’explorer les boisements du bord de l’eau (c’est-à-dire la zone de transition entre le milieu aquatique et le milieu terrestre, particulièrement riche en biodiversité) dans le Val de Saône.

Dans la côte et l’arrière-côte, la réserve naturelle Combe Lavaux - Jean Roland présentait un projet autour de la forêt de la réserve naturelle, tandis que l’association Pirouette cacahuète proposait un projet autour de « notre paysage, chacun a son rôle à jouer ».

De leur côté, la Ligue pour la protection des oiseaux de Côte-d’Or (LPO 21) invitait les collégiens à partir découvrir les oiseaux et les habitats emblématiques de la Côte-d’Or et l'association Bourgogne-Nature proposait un inventaire de la nature de Côte-d’Or à travers le projet « Faune d’ici, faune d’ailleurs ».

337 élèves, venant de 10 collèges du territoire de la Côte-d’Or, se sont inscrits dans le dispositif.

Un temps de restitution des projets est prévu chaque année. Les collégiens présentent leurs projets et échangent sur leurs expériences et leurs ressentis. Cette année, cette journée a eu lieu le 15 juin 2017 sur le site de l’ENS de l’étang de Marcenay.

 

La journée de restitution

Au programme de la journée, un premier temps a été consacré à la restitution des projets par les classes. Un grand pique-nique a ensuite été proposé aux collégiens.

L’après-midi, diverses activités étaient organisées par plusieurs structures pour les élèves :   

  • Des visites de découverte du site :

- la découverte de la faune du site (les poissons avec la Fédération de pêche, l’avifaune avec la LPO 21, les odonates avec le Conservatoire d'espaces naturels de Bourgogne) ;

- ou encore la découverte globale du site avec la Société d'histoire naturelle d'Autun (SHNA) et avec l'association Pirouette cacahuète.

  • Des ateliers sur des thématiques diverses : compost, abeilles, empreintes et indices, tri et recyclage ;
  • Des activités : loto des odeurs ; mémo-sonore ; sac à toucher ; inventaire participatif avec l'association Bourgogne-Nature.
  • Des stands et des expositions : stand de la réserve naturelle de la Combe Lavaux ; exposition sur les ENS de Côte-d’Or ; présentation de l’atlas de la faune sauvage de Côte-d’Or ; exposition sur les projets des collégiens.  

 Au cours de l’après-midi, chaque classe a pu participer au minimum à une visite de découverte du site et à un atelier, et parcourir les stands.

 

Tous les renseignements sur le site Internet du Conseil départemental de Côte-d’Or

 

Crédits photos :
première photo : Jean-Noël Thomas
deuxième photo : Philippe Gillet
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Retour sur la 4e édition de la Fête de la nature et de la biodiversité à Dijon

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Le Jardin des sciences de la Ville de Dijon a organisé la 4e édition de la Fête de la nature et de la biodiversité. A cette occasion, Agnès Fougeron,  directrice adjointe du Jardin des sciences, nous relate les temps forts de cet évènement.

A Dijon, la Fête de la nature et de la biodiversité a été célébrée le dimanche 21 mai 2017, au cœur du Parc de l’Arquebuse, un écrin de verdure au cœur de la cité, dédié à la biodiversité. Le Jardin des sciences de la Ville de Dijon a organisé cette 4e édition en collaboration avec plusieurs partenaires. A cette occasion, le public est venu très nombreux pour s’informer, s’initier et découvrir la grande diversité d’actions menées en faveur de la nature en ville.

Le village de la biodiversité

C’est un véritable village de la biodiversité qui s’est installé au cœur du Parc de l’Arquebuse, pour accueillir les familles et proposer une trentaine d’animations adaptées aux petits comme aux grands. Ont également été présentés les activités et programmes que Dijon Métropole propose pour devenir des acteurs investis de la biodiversité en ville :

Un atelier « bombe à graines » invitait ainsi les participants à fabriquer leur propre « bombe », pour qu’ils puissent ensuite disperser des graines de plantes un peu partout où il est possible de fleurir la ville. Un autre atelier d’observation proposait de découvrir les pollinisateurs sauvages qui habitent en ville et les actions à mettre en place pour les préserver. Le lien était alors fait avec le programme de sciences participatives que développe le Jardin des sciences, le Spipoll pour le Suivi Photographique des Insectes POLLinisateurs, à travers lequel les habitants peuvent contribuer à la collecte de données naturalistes pour améliorer la connaissance de la nature en ville.

La rencontre avec les acteurs locaux de la biodiversité

Le Jardin des sciences avait invité ses partenaires locaux pour faire découvrir aux visiteurs tous les acteurs qui s’investissent, chacun à leur façon, pour la préservation de la biodiversité en ville. De nombreuses associations ont ainsi proposé des activités et des stands :  

Graine de Noé a fait découvrir aux participants un patrimoine de plus de 150 variétés de blés anciens ; Veille au grain a proposé un jeu pour faire découvrir les herbes folles et leurs superpouvoirs dans le potager ; la Ligue pour la protection des oiseaux de Côte-d’Or a proposé un atelier d’observation pour découvrir la biodiversité en vol ; l’UFR Santé-Pharmacie (de l'Université de Bourgogne-Franche-Comté) a organisé une balade commentée pour partir à la découverte des plantes bénéfiques sauvages ou cultivées et leur utilisation en pharmacopée… Des projections ont aussi été proposées pour partir à la découverte de notre planète, ou encore de la loutre, qui reconquière peu à peu les rivières françaises.

Les familles ont pu profiter d’activités festives et ludiques, comme "La parade de feuilles enchantées", une véritable déambulation de végétaux géants proposée par la compagnie artistique "L’Art Est Création" ; ou encore un vaste jeu de piste familial pour devenir un apprenti botaniste.

Au total, plus de 5 500 visiteurs ont participé à cette 4e édition de la Fête de la nature et de la biodiversité, confirmant ainsi l’intérêt et l’implication grandissants du public pour la nature en ville. Toutes ces personnes sont venues découvrir la biodiversité à travers la rencontre et l’échange avec les acteurs de terrain, découvrir les moyens d’agir très concrètement pour la biodiversité près de chez eux et en ville. Elles en seront reparties la tête pleine d’idées qui, espérons-le, ne demanderont qu’à germer!  

 

La Fête de la nature, intégrée au Plan Biodiversité de la Ville de Dijon

La Fête de la nature et de la biodiversité est un temps fort du Plan Biodiversité de la ville, qui est animé par le Jardin des sciences. Les actions menées en faveur de la biodiversité sauvage et cultivée, en milieu urbain comme péri-urbain, sont regroupées au sein du label « Dijon c’est ma nature, j’agis pour la biodiversité ».

Pour en savoir plus et pour participer, visitez le site www.ma-nature.dijon.fr.

A noter qu’une nouvelle application a été mise en service lors de cette 4e Fête de la nature et de la biodiversité, qui permet à chacun d’adopter un pied d’arbre ou un pied de mur dans sa rue ou son quartier : jadopteunarbre.dijon.fr.

Dans le cadre du Plan Biodiversité de la Ville, le Jardin des sciences porte aussi des actions en propre pour la biodiversité en ville, comme par exemple, le suivi des polinisateurs sauvages, dans le cadre d’une étude menée avec l’aide la DREAL sur les réservoirs de la trame verte et bleue de la métropole, ou encore des suivis botaniques de plantes protégées ou d’espèces exotiques envahissantes sur le territoire.

Retrouvez les différents programmes de sciences participatives proposés par le Jardin des sciences :

 

Pour consulter le programme de la journée :

Fête de la nature et de la biodiversité 2017 (1,7 Mo)

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Le café Pirouette

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Cécile Artale, directrice de Pirouette Cacacuète, nous parle de ses réalisations.

En janvier 2016, nous avons signé une convention de trois ans avec la ville de Chenôve. L’objectif est d’expérimenter différents projets favorisant la biodiversité urbaine par l’appropriation des espaces publics par les habitants, ainsi que le changement de pratiques au quotidien, en collaboration avec tous les acteurs de la ville (élus, services de la collectivité, structures éducatives, association…).

En novembre 2016, nous avons ouvert un café associatif sur le Mail de Chenôve. C’est un projet de plus de 10 ans qui voit le jour.

Dès ses débuts, Pirouette Cacahuète avait en effet imaginé créer un lieu où l’on puisse venir avec ses enfants les dimanches pluvieux, pour jouer et rencontrer d’autres familles. Puis, au fil de ses expériences, l’idée d’un café des pratiques, où l’on apprendrait à faire ses cosmétiques, ses produits d’entretien, à réparer, bricoler, coudre... est venue.

Avec son implantation à Chenôve, Pirouette Cacahuète souhaite créer un lieu qui rassemble les habitants du quartier du Mail et ceux des autres quartiers, et plus largement de l’agglomération dijonnaise. Aujourd’hui, le café Pirouette se construit autour de ces trois envies. Il bénéficie de sa proximité avec le tram (arrêt Le Mail) et du fait d’être dans une zone piétonne, ce qui permettra la mise en place d’une terrasse et d’animations en extérieur aux beaux jours.

 

Le café Pirouette, c’est :

 

Une programmation d’ateliers :

  •  d’écologie pratique (cosmétiques, produits d’entretien, alimentation…) pour les adultes, avec des activités pour mieux connaître les enjeux de notre quotidien et fabriquer des recettes à reproduire à la maison ;
  • "En famille" où on joue, on bricole, on observe, on se questionne… sur la nature, la ville ou nos pratiques du quotidien ;
  • pour les "tout-petits", enfants de 18 mois à 3 ans accompagnés d’un parent ou d’une assistante maternelle, avec des activités autour de la nature.

 

Un lieu favorisant le changement de pratiques au quotidien

Le café Pirouette propose différents services : ludothèque, cours de tricot, "kits" de produits cosmétiques écologiques et bientôt une bricothèque.

L’objectif est de faire découvrir à tous les publics de nouvelles pratiques et de nouveaux savoir-faire, permettant la réduction des déchets, une meilleure prise en compte de la ressource en eau… tout en favorisant le "goût des autres".

 

Un lieu proposant d’enrichir ses connaissances sur la biodiversité et l’environnement urbain

Fort de son expérience, Pirouette Cacahuète propose des ateliers ludiques pour mieux connaître notre environnement et ses enjeux. Dès les beaux jours, des animations seront proposées en extérieur pour découvrir Chenôve à travers son histoire et celle de sa rénovation urbaine, ainsi que le Plateau de Chenôve.

 

Un lieu favorisant l’émergence de nouveaux projets

Le café est situé en plein cœur d’un quartier "politique de la ville", au centre de la ville de Chenôve. Grâce au projet du jardin du Mail (la mise en place, avec les habitants, d’un jardin pédagogique et d’agrément), Pirouette Cacahuète s’est fait connaître dans le quartier. Les travaux du café ont été réalisés en partie par le chantier-école de la ville de Chenôve, qui emploie des habitants de la ville en insertion, et par des jeunes du quartier suivis par le service de prévention de la délinquance de l’Acodège*.

Ces actions ont déjà permis à Pirouette Cacahuète de tisser des liens avec des habitants de Chenôve. Parmi les 120 premiers adhérents que compte le café Pirouette, 1/3 sont issus du quartier du Mail, les autres habitent les autres quartiers de Chenôve ou le Grand Dijon.

A travers le café lieu, Pirouette espère pouvoir appréhender au mieux  les besoins et les envies des habitants, pour proposer à la Ville de nouveaux projets qui améliore le cadre de vie et impliquent des acteurs diversifiés.

Tous ces projets viendront enrichir le centre de ressources de Pirouette qui propose déjà des fiches expériences et des outils pédagogiques téléchargeables gratuitement sur le site de l’association ou empruntables dans ses locaux.

www.pirouette-cacahuete.net

 

* Acodège : association qui dévelope en Bourgogne des actions de prévention, de soin, d'accueil, d'éducation, de formation et de réinsertion en direction des enfants, adolescents, famille et adultes en difficulté sociale ou en situation de handicap (http://www.acodege.fr)

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Sortir dehors, c'est vital !

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La Réserve Naturelle de La Combe Lavaux – Jean Roland, gérée par la Communauté de communes de Gevrey-Chambertin et de Nuits-Saint-Georges, et la médiathèque intercommunale de Gevrey-Chambertin ont organisé le 16 novembre 2016 la projection du film de Frédéric Plénard : "le Lien, une rencontre avec la nature" à Brochon. 70 personnes - des familles, des associations d’éducation à l’environnement et de protection de la nature - ont fait le déplacement. Un débat sur l’importance de la relation Homme/nature a suivi la projection.

photo : projection du film le Lien ©CCGCNSG

Ce film retrace l’immersion en pleine montagne de six enfants habitant les quartiers sensibles de la banlieue de Bordeaux, qui ne connaissent de la nature que les arbres et jardins en bas de leurs cités. Pendant 10 jours, ils vont parcourir la vallée d’Aspe dans les Pyrénées, vivre dehors, dormir sous une tente,  se laver dans l’eau des torrents et cuisiner autour du feu, au milieu des vaches et des moutons. Comment ces enfants vont réagir ? Fréderic Plénard, accompagné de deux associations - l’association Education à l’environnement 64 et Fête le Mur BGA - suit ces six enfants tout au long de leur cheminement. Plus qu’un récit de vacances, ce film permet de percevoir, de comprendre et d’apprécier le lien qui existe entre l’Homme, la Terre et la nature et propose des situations pédagogiques adaptées pour aider à le retrouver.

 

Sortir dehors, c’est vital !

Constat de plusieurs études en psychologie environnementale et éthologie animale et humaine : le besoin de nature est commun à tous, pas seulement réservé aux personnes ayant déjà vécu un contact avec elle, culturellement ou dans son enfance. L’homme n’apprend pas seulement avec son cerveau. Le savoir et l’affectif se construisent, se vivent en relation avec le corps, en interaction avec le monde. Être au contact de la nature régulièrement apporte bien plus que d’apprendre des noms de plantes et d’animaux. Il s’agit de développer sa relation au monde, se connaitre soi-même dans le respect des autres et de la nature, développer l’imaginaire, la créativité, le sens critique.

 

photo : sortie nature sur la réserve naturelle avec des maternelles ©CCGCNSG

 

C’est une valeur que défend le service nature de la Communauté de communes de Gevrey-Chambertin et de Nuits-Saint-Georges. La projection de ce film a permis de présenter le cœur du métier d’éducateur nature et l’un des fondements de l’Éducation à l’environnement et au développement durable pour le service nature. La nature est un ressourcement constant et une source de projets : toutes les actions d’Éducation à l’environnement se font au contact du terrain, privilégiant des projets au long court.

Deux projets en cours d’élaboration pour 2017

  • le projet éducatif de la réserve naturelle lancé en décembre 2016, dont la finalité est d’organiser les projets pédagogiques sur le territoire, de valoriser des initiatives locales en lien avec l’EEDD et de favoriser l’implication des différents publics dans des projets de protection de la biodiversité.
  • un projet de séjour pour la jeunesse, prévu pour 2017. Ce projet, encore à l’étude, sera construit entre le service nature et le service jeunesse de la Communauté de communes. Des jeunes entre 12 et 14 ans pourraient parcourir en itinérance le territoire, à la rencontre de la biodiversité des communes.

Le service nature de la Communauté de communes de Gevrey-Chambertin et de Nuits-Saint-Georges

Le service nature assure la protection, la gestion et la sensibilisation des publics :

  • de la réserve naturelle de la Combe Lavaux – Jean Roland, espace de nature exceptionnel entre Gevrey-Chambertin et Brochon dont les milieux principaux sont des forêts de ravin, des forêts de plateau, des pelouses calcaires, des éboulis, des falaises et un marais temporaire. Cette réserve abrite près de 500 espèces de fleurs, soit plus d’un quart de la flore bourguignonne, 92 espèces d’oiseaux dont le Faucon pèlerin, 515 espèces de papillons dont 90 de papillons de jour, 25 espèces de mammifères dont le Chat forestier, 14 espèces de reptiles et amphibiens ;
photo : réserve naturelle de la Combe Lavaux – Jean Roland ©CCGCNSG
  • du site Natura 2000 "Milieux forestiers et pelouses des combes de la Côte dijonnaise", entre Nuits-Saint-Georges et Chenôve. Il correspond à une vaste côte calcaire boisée entrecoupée de nombreuses combes surmontées de falaises et de pelouses. Il s’agit d’un des plus grands ensembles de pelouses calcicoles du Nord-Est de la France. Du fait du relief et des différentes influences climatiques, les milieux présentent un caractère méditerranéen et montagnard ;
  • du projet de stratégie intercommunale d’engagement pour la nature (SILENE). Ce projet vise à valoriser et prendre en compte la biodiversité du territoire de la Communauté de communes et de ses trames vertes et bleues.

 

photo 1 : combe Ambin à Chambolle-Musigny ©CCGCNSG
photo 2 : panorama Collonges-lès-Bévy ©CCGCNSG
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La PFCEEDD, Plateforme franc-comtoise de l'EEDD

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La PFCEEDD, réseau d'acteurs de l'éducation à l'environnement en Franche-Comté, est coordonnée par Frédéric Sergent, qui nous présente les actions menées et nous parle de l'ouverture du réseau à la grande région.

1) Pouvez-vous nous présenter la PFCEEDD ?

La PFCEEDD est un réseau des acteurs de l’éducation à l’environnement au sens large : les adhérents sont des personnes physiques, des animateurs, des formateurs, des étudiants ; mais aussi des personnes morales, parmi lesquelles on retrouve des associations, des collectivités, des établissements publics, comme par exemple des syndicats de déchets… En janvier 2017, la PFCEEDD compte 80 adhérents, dont la moitié sont des associations, un quart des individuels et un quart des collectivités.

La PFCEEDD est adhérente et membre du conseil d’administration du réseau national Ecole et Nature. Elle est aussi un des trois pôles de la Maison de l’environnement de Franche-Comté (aux côtés du Plateau du patrimoine naturel et du Plateau débat public).  

En tant que coordonnateur de la PFCEEDD, j’ai pour mission d’animer le réseau et de mettre en œuvre les actions décidées. 

2) Quelles sont les missions et les actions du réseau ? Comment fonctionne–t-il?

Le fonctionnement en réseau est défini dans notre charte de l’EEDD : "Etre dans un réseau, ce n’est pas se fondre dans un groupe mais plutôt affirmer son identité et agir mieux ensemble. Grâce à cette diversité, le réseau s’enrichit de l’apport des différents membres et permet à chacun d’avoir une vision globale et partagée de nos problématiques communes et qui nous rassemblent."

L’objectif premier de la PFCEEDD, c'est de faciliter les échanges et de favoriser les temps de rencontre entre les adhérents, et plus largement entre les acteurs de l’EEDD.

Les actions proposées par la PFCEEDD le sont toujours à l’initiative des adhérents. Parmi celles-ci, nous organisons des Rencontres régionales en EEDD, telles que celles qui ont eu lieu en octobre 2016 à l’échelle de la grande région. Elles ont rassemblé plus de 100 acteurs de l’EEDD sur trois jours. Nous mettons aussi régulièrement en place des journées d’échanges de pratiques (les JEP). Il s’agit de temps de co-formation, au cours desquels une thématique pédagogique est abordée. Il n'y a pas d’intervenants extérieurs, l'objectif étant que les participants échangent entre eux sur leurs pratiques en lien avec le thème.

Autre exemple concret de mise en réseau, le catalogue de formation de la PFCEEDD : il permet de rassembler l’offre des adhérents et sa mise en visibilité. La PFCEEDD a pour rôle de collecter l’offre de formation et d'assurer l’édition du catalogue.

Un des objectifs de la PFCEEDD, c’est aussi de favoriser les démarches créatives et participatives avec les adhérents. Cela se matérialise à travers les travaux de recherche et d’expérimentation pédagogique menés au sein de la commission CERPE (Collectif d'Expérimentation et de Recherche en Pédagogie de l'Environnement), qui depuis 2015, travaille sur deux axes : le public adulte et les sciences humaines et sociales sur l’accompagnement au changement.

La PFCEEDD a également pour objet de rendre visible l’EEDD en Franche-Comté et au niveau national. Cela passe, entre autre, par l’annuaire de notre site internet, qui identifie les adhérents et fait la promotion de leur activité. En 2013, nous avons aussi réalisé une enquête qui a montré que 120 à 150 emplois (directs et indirects) étaient liés à l’EEDD en Franche-Comté.

La vie et le fonctionnement du réseau s’appuie sur un conseil d’administration composé de douze membres et sur trois co-présidences. Les neuf commissions dans lesquelles les adhérents s’investissent représentent le cœur du réseau et correspondent à un investissement important des structures adhérentes.

Des outils de communication pour appuyer nos actions : nous avons à notre disposition plusieurs outils de communication : notre site internet (à noter qu’il comporte une rubrique emplois et stages en région) et notre lettre d’information, la feuille d’épicéa, dont nous diffusons trois numéros par an. Des listes de diffusion nous permettent de communiquer auprès de nos adhérents et aux adhérents d’échanger entre eux.

3) La PFCEEDD s’ouvre à la Bourgogne-Franche-Comté. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous avons anticipé la fusion des régions, en entamant dès 2015 un travail de rapprochement avec Alterre Bourgogne. Nous avons aussi questionné nos adhérents lors de l’assemblée générale pour recueillir leur avis sur l’opportunité de s’ouvrir à la Bourgogne et en 2016, nous avons concrètement ouvert les adhésions à des structures bourguignonnes.

Les Rencontres de l’EEDD en octobre 2016 ont été organisées à l’échelle de la grande région, ainsi qu’une JEP sur le thème de l’appartement témoin ouverte aux acteurs EEDD de Bourgogne-Franche-Comté.

Nous avons en perspective d’organiser de nouveaux temps communs dans les années qui viennent ; d’ailleurs, lors de la prochaine assemblée générale, la PFCEEDD devrait être amenée à changer de nom pour marquer son élargissement.

Il est important que les acteurs s’investissent dans le futur réseau d’EEDD Bourgogne-Franche-Comté et contribuent ainsi à enrichir la dynamique actuelle. Tous ceux qui le souhaitent sont d’ailleurs invités à prendre contact avec nous s’ils veulent plus d’informations sur le fonctionnement du réseau et adhérer.

4) Selon vous, quel est l’intérêt de la plate-forme de l’EEDD en Bourgogne (plate-forme web de mutualisation des ressources pédagogiques en EEDD) ?  

Un tel outil, qui permet de recenser et de faire connaitre les ressources pédagogiques en EEDD, n’existe pas en Franche-Comté, et il me semble intéressant qu’il soit élargi à l’échelle de la grande région.

La PFCEEDD est un réseau qui a pour objet de permettre aux adhérents de se rencontrer et d’échanger. La plate-forme web, qui permet de mutualiser et de capitaliser les informations relatives aux ressources pédagogiques en EEDD disponibles sur le territoire, est un outil qui me semble très complémentaire à la dynamique du réseau.

Par exemple, la PFCEEDD pourra mobiliser ses adhérents pour qu’ils participent à l’alimentation de la plate-forme web. J’imagine aussi que la plate-forme web pourra, par exemple, relayer les journées d’échanges de pratiques que nous organiserons et mettre en avant les ressources pédagogiques disponibles en région sur les thèmes de ces journées.  D’autres complémentarités sont à imaginer en 2017.

La parole au Muséum d'Auxerre

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Régulièrement, la parole est donnée à un des partenaires de la plate-forme de l'EEDD, afin qu'il présente sa structure, ses actions dans le domaine de l'EEDD. Coup de projecteur sur le Muséum d'Auxerre par Sophie Rajaofera, conservatrice, et Philippe Tabuteau, responsable du service des publics.

1) Quelles sont les missions du Muséum d’Auxerre ?

Le Muséum d'Auxerre, labellisé Musée de France, est un établissement de la Ville d'Auxerre.

Ses missions sont multiples :

  • Conserver des collections : 140 000 objets d'histoire naturelle (animaux naturalisés, fossiles, planches d’herbier, minéraux...) ainsi que le fonds scientifique Paul Bert : manuscrits, ouvrages, instruments...
  • Faire découvrir la biodiversité et l'actualité scientifique à tous les publics.
  • Présenter des expositions permanentes et temporaires.
  • Participer à la recherche scientifique en ouvrant ses collections aux chercheurs du monde entier.

 

Pour accomplir ces missions, le Muséum propose par exemple :

  • deux expositions temporaires par an sur des sujets variés : en 2017, Microbes et Drôles de fossiles !
  • trois salles permanentes : salle des fossiles de l'Yonne, salle sur le Muséum et salle Paul Bert ;
  • des ateliers « famille » lors des vacances scolaires ;
  • à chaque nouvelle exposition, des ateliers pour groupes scolaires ou extra-scolaires, des jeux pour les maternelles et des livrets de visite pour les enfants lecteurs ;
  • l'accompagnement des groupes pour des projets personnalisés : la forêt, les déchets, les voyageurs naturalistes...
  • des animations sur site, des bords de l'Yonne aux mares ;
  • des expositions et malles pédagogiques itinérantes ;
  • des prêts de spécimens à d'autres musées.

Le Muséum est également un relais du Centre de soins à la faune sauvage CSOS 89 et accueille temporairement les animaux blessés.

 

2) Quelles sont les ouitls et actions que le Muséum mène dans le domaine de l’EEDD ?

L’éducation à l'environnement et au développement durable est intégrée dans toutes les actions de médiation du Muséum : ateliers, expositions, animations…

La variété des domaines touchés par l’EEDD rend son intégration possible même dans des actions apparemment éloignées du sujet : par exemple, une exposition temporaire sur les météorites peut faire réfléchir sur l’éclairage nocturne et la pollution lumineuse...

Le Muséum s‘attache d’abord à faire connaître la biodiversité grâce à ses collections, mais aussi par des observations naturalistes sur site (hôtel à insectes, lombricarium, animations sur la mare).

Nous développons de nouveaux supports qui permettent de valoriser la biodiversité proche tout en transmettant des gestes citoyens au travers d’animations et d’ateliers : récemment hôtel à insectes, lombricarium, bientôt composteur et exposition sur la microfaune du sol accompagnés d’ateliers...

Le parc du Muséum, planté d'espèces exotiques et locales, est un îlot de biodiversité dans la ville et permet des animations en extérieur.

Enfin, l’action la moins visible pour le public est la collecte de spécimens de la biodiversité locale pour enrichir les collections et ainsi, constituer une véritable base de données qui sert et servira aux chercheurs, par exemple pour évaluer l’évolution des peuplements animaux et végétaux au fil du temps selon le changement climatique, les arrivées de nouvelles espèces… Nous travaillons plus particulièrement sur l’avifaune et l’ichtyofaune régionales.

Précisons bien sûr qu’aucun animal n’est tué pour être intégré à nos collections, mais que nous collectons des spécimens morts de mort naturelle...

 

3) Selon vous, quel est l’intérêt de la plate-forme de l’EEDD ?

Notre participation à la création de la plate-forme de l'EEDD coordonnée par Alterre, a été pour nous l'occasion de remettre à plat et de rénover notre fonds d'outils pédagogiques et d'expositions itinérantes. La présentation s'en trouve plus précise et s'enrichit de liens et d'images qui permettent de mieux en appréhender le contenu.

La plate-forme offre désormais une visibilité à nos outils sur toute la région Bourgogne-Franche-Comté, permettant à nos ressources pédagogiques d’être empruntées par tous.

Elle permet également de faire connaître notre actualité et nos projets en cours.

Son moteur de recherche efficace en fait un instrument moderne, en phase avec la demande des utilisateurs qui veulent aller vers l'outil ad-hoc le plus rapidement possible.

Le Muséum est aussi un éventuel emprunteur de matériel à l'occasion de manifestations spécifiques.

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L'Écodrome, un parcours "accrobranche" pour faire de l'EEDD

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L'association Arborescence propose aux scolaires et aux centres de loisirs diverses activités pédagogiques pour découvrir de la nature en ville et faire de l'éducation à l'environnement à travers l'Écodrome, un parcours "accrobranche" situé au parc de la Colombière, parc historique au coeur de Dijon. Détails de l'action.

D’Écodrome …

Écodrome est un parc aérien acrobatique installé dans le parc de la Colombière à Dijon. A travers cinq parcours acrobatiques équipés d'une ligne de vie 100% sécurisée, Écodrome propose une découverte aérienne de la nature en ville et de nombreuses activités d’éducation à l’environnement (jeux, expositions, animations nature), pour les petits à partir de trois ans et pour les plus grands.

Au cœur des arbres, Écodrome est un support privilégié de découvertes et d’observations, un média original pour favoriser coopération, motricité, découverte et dépassement de soi.

… à une école du dehors qui allie sport et découverte de la nature

L’association Arborescence propose un vaste volet pédagogique pour accompagner le volet activité physique d’Écodrome.

Il s’agit d’utiliser le contact privilégié avec l’arbre qu’offre le parcours "accrobranche" pour observer, découvrir, apprendre et ainsi s’ouvrir au monde et à l’environnement. Le projet développé par l’association propose des séances visant à dépasser la seule pratique sportive pour permettre aux groupes de découvrir des activités landart, des approches éco-citoyennes originales ou encore de vivre des expériences sensorielles.

Arborescence propose ainsi un catalogue de 21 animations, qui peuvent être ponctuelles ou prendre la forme de cycles pédagogiques de trois ou quatre séances pendant l’année. Les animations sont destinées au public scolaire et aux centres de loisirs à partir de trois ans et sont adaptées aux programmes scolaires de la maternelle et de l’école élémentaire. Elles ont d’ailleurs reçu la validation des conseillers pédagogiques départementaux de l’éducation nationale sur les thématiques sport/sciences/arts plastiques et répondent au plus près aux objectifs des programmes scolaires.

Le projet est également conçu pour permettre aux enseignants de s’approprier le sujet en amont : pour chaque activité, une fiche descriptive détaillant les objectifs et les contenus est proposée. Dans le cadre des cycles pédagogiques, les enfants ramènent quelque chose de concret dans la classe, ce qui permet aussi de poursuivre le travail.

 

 Zoom sur les séances pédagogiques proposées

 Pour les maternelles, il s’agit de découvrir et se découvrir dans la nature (sens, imagination, corps).

Chaque séance est organisée autour de quatre temps :

      • une histoire contée, qui fait appel au langage et à l’imagination,
      • une récolte pour observer le monde qui nous entoure, le vivant, les objets et la matière,
      • un parcours accrobranche pour mettre les sens en action et développer la coopération,

      • une réalisation landart, qui consiste à fabriquer un objet éphémère à partir d’éléments naturels.

Dans le cadre des cycles pédagogiques, en introduction des séances, quinze jours avant, une carte postale est envoyée à la classe par Arborescence, avec un texte qui pose une énigme aux élèves, pour éveiller leur curiosité et leur permettre de commencer à réfléchir à la question posée.

 
Pour les cycles 2, 3 et collège, les activités sont structurées autour d’une entrée, d’un plat et d’un dessert, avec pour objectif d’explorer le vivant, de questionner le monde, d’enquêter et de coopérer autour d’une activité physique et sportive :

  • En entrée, cela commence par un briefing nature, avec des expériences ludiques et interactives et la formulation d’une énigme.
  • En plat de résistance, c’est un rallye nature qui est proposé : le groupe s’équipe et part dans les parcours accrobranches à la recherche d’indices.
  • En dessert, c’est l’heure du débriefing, avec la résolution collective de l’énigme et une mise en perspective.
 
 

Les notions abordées au cours de séances sont adaptées à l’âge des enfants :
  • Pour les cycles 2, il s’agit de proposer une découverte de l’arbre, de son cycle vie au cours des saisons et de la place de l’arbre dans notre quotidien.
  • Pour les cycles 3, ce sont l’arbre en ville, le sol, le cycle de la matière (à travers l’exemple du compostage) et la chaine alimentaire qui sont au programme.
  • Pour les plus grands, les contenus portent, par exemple, sur l’arbre et le climat, à travers le rôle régulateur et protecteur de l’arbre vis-à-vis du changement climatique.

Sur cette année scolaire, toutes les classes de l’école maternelle Colombière participent à un cycle complet d’animations. Les premiers retours des élèves et des enseignants sont d'ores et déjà très positifs.

 

Crédits photos : Arborescence

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Au travers du film "Assis sur un tabouret", trois jeunes nous livrent leur vision du développement durable

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Dans le cadre d’une démarche partenariale (DREAL, Conseil régional, Villes de Chenôve et Longvic, UCBRP* et Alterre), un voyage exploratoire a été organisé pour aller à la rencontre de collectivités allemandes ayant un lien avec la Bourgogne via des relations de jumelage. Objectif : découvrir leurs démarches territoriales de développement durable et leurs Agendas 21. Grâce à un partenariat organisé avec la MJC de Chenôve, trois jeunes, David, Jimmy et Loïc, ont pris part au voyage. Ils ont filmé, questionné, rencontré les différents participants. Emmanuel Putigny, qui s'occupe du secteur audiovisuel à la MJC, les encadrait. Il nous présente le projet.

A propos de la MJC de Chenôve  

La MJC de Chenôve est une association d'éducation populaire, née dans les années 1960 (sur la commune de Chenôve). Elle compte une équipe d'une dizaine de salariés dans différents secteurs, dont le secteur multimédia/audiovisuel. Elle offre aux habitants des activités culturelles et œuvre avec les partenaires sur le territoire autour de projets ponctuels dans ses champs de compétences.

Un projet né d'une opportunité

Le projet « Assis sur un tabouret », qui nous a été proposé par la Ville de Chenôve, est né du voyage d'échange en Allemagne sur le thème du développement durable, en octobre 2015.

La MJC anime une web TV pédagogique avec des jeunes, qui a pour but de les initier à l'audiovisuel, tout en éveillant leur sens citoyen. L'idée de proposer que la web TV retrace ce déplacement en Allemagne est donc venue tout naturellement. Nous avons proposé à trois jeunes de 15 ans de jouer les reporters vidéastes, en lien avec le collège Herriot de Chenôve. Ces jeunes avaient plus ou moins d'expérience dans le domaine, mais avaient déjà travaillé sur des reportages web TV à la MJC, sous ma supervision. S’ils n’étaient pas, à la base, des pros de la caméra, ils présentaient une sensibilité et une curiosité utile pour ce projet.

Une bonne ouverture d'esprit

Après plusieurs séances préparatoires pour parfaire leurs compétences techniques audiovisuelles, les jeunes se sont retrouvés trois jours en Allemagne, immergés avec des adultes, élus, techniciens, responsables associatifs. Le rythme du voyage a été intense et les ados reporters ont donné beaucoup d'eux-mêmes pour filmer les visites et tables rondes, ce qui s’est avéré d’autant plus difficile que les traductions simultanées rendaient la concentration délicate, surtout sur un sujet complexe comme le développement durable ! Les trois jeunes ont été portés par la bienveillance des adultes du voyage qui n'ont cessé de les féliciter, de les encourager et de s'intéresser à leur projet audiovisuel, ce qui a renforcé leur motivation jusqu'au retour. Ils sont rentrés heureux de cette expérience unique, tant sur le fond que sur la forme. Ils ont découvert un sujet plutôt inconnu pour eux : le développement durable. S’ils n'en ont pas saisi toutes les subtilités (les contenus étaient étudiées pour des adultes et peu adaptés à des adolescents), le voyage leur aura apporté une ouverture d'esprit sur ce thème.

Un film à utiliser avec les collèges

Durant les semaines qui ont suivi, les trois jeunes sont revenus à la MJC pour concevoir le film. Ils ont visionné les images et écrit un texte, lu en voix off, pour retracer le voyage et donner leur ressenti. Le travail de montage s’est avéré chronophage, mais a été mené avec brio. Quelques mois plus tard, le résultat est un film d'une quinzaine de minutes, intitulé « Assis sur un tabouret », qui a été projeté dans la salle de cinéma de la MJC de Chenôve, en présence de tous les protagonistes du voyage et des jeunes réalisateurs.

Pour boucler la boucle, une traduction allemande associée à un doublage audio ont été réalisés par les services volontaires de la MJC et de l'UCBRP* (Michaël et Marie).

Cette expérience, qui était une première pour ces jeunes, a permis de se rendre compte que les ados ont une vision assez scolaire et succincte du développement durable et que pour cette génération, il est indispensable de raccrocher ce concept à des actions concrètes autour de l'environnement par exemple. Ce film constitue aujourd'hui un très bon support pour aller plus loin sur cette thématique avec les collèges.

*UCBRP : Union pour la Coopération Bourgogne Rhénanie-Palatinat

Crédit photos : Emmanuel Putigny

 

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La parole à Colombe Baucour, du Parc naturel régional du Morvan

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Régulièrement, la parole est donnée à un des partenaires de la plate-forme de l'EEDD, afin qu'il présente sa structure, ses actions dans le domaine de l'EEDD. Coup de projecteur sur le Parc naturel régional du Morvan par Colombe Baucour, chargée de mission éducation à l'environnement et au développement durable.

 

1) Quelles sont les missions du Parc naturel régional du Morvan ?

Un Parc naturel régional est un territoire rural reconnu au niveau national pour sa forte valeur patrimoniale et paysagère, qui s'organise autour d’un projet concerté de développement durable, fondé sur la protection et la valorisation de son patrimoine.

Le Parc naturel régional du Morvan (PNRM) est né en 1970, il comptait alors 60 communes, contre 117 aujourd'hui. Il contribue à faire reconnaître l’excellence patrimoniale (naturelle et culturelle), la singularité et l’identité du Morvan.

Ses missions s’articulent autour de trois orientations : agir pour les patrimoines naturels et culturels ; promouvoir l’activité économique dans le respect du développement durable ; animer, transmettre et construire un territoire solidaire. Les missions du Pôle Education au PNRM entrent dans cette dernière orientation.

2) Quelles sont les différentes actions que le PNRM mène dans le domaine de l’EEDD et les outils mis en place ?

L'EEDD fait partie des missions des Parcs depuis leur origine. Une commission Education réunit représentants de l'éducation nationale, élus, associations pour travailler aux différents programmes à mettre en œuvre.

Depuis 2002, nous proposons le programme Ecoles en Morvan aux écoles situées sur notre territoire. Etabli en collaboration avec l’Education nationale, il est dispensé sur la base du volontariat et en toute gratuité. Le but est de permettre l’appropriation du territoire par les jeunes Morvandiaux.

Le Parc fait également découvrir le patrimoine du Morvan à des classes venant de toute la Bourgogne, voire de la région parisienne.

Les thématiques sont préparées en amont avec les enseignants, pour coller au mieux à leur projet pédagogique.

Nous proposons des interventions sur les étangs et mares, la forêt morvandelle, la biodiversité dans les cours d’eau et la continuité écologique, l’énergie et le dérèglement climatique.

Nous nous adressons à un public scolaire (collégiens, primaires, maternelles, BTS et licence pro) mais aussi au grand public principalement pendant l’été.

Nous intervenons dans les établissements et dans leur environnement proche, aussi bien que dans les espaces naturels remarquables. Il est intéressant d’animer à proximité des écoles et des lieux d’habitation des enfants, pour leur faire découvrir en bas de chez eux une diversité qu’ils ne soupçonnaient pas. La Maison du Parc constitue également un lieu privilégié pour les animations : forêt, zones humides, prairies, étang, mare pédagogique et de nombreuses autres thématiques peuvent en effet être abordées à Saint-Brisson.

Le PNRM propose aussi de nombreux outils pédagogiques, comme par exemple : des livrets pédagogiques sur la forêt, les étangs et les mares, la continuité écologique ; une maquette pour expliquer le fonctionnement d’une rivière, des jeux sur les reptiles et les amphibiens, des expériences pour comprendre le dérèglement climatique…

3) Selon vous, quel est l’intérêt de la plate-forme de l’EEDD pour le PNRM et les acteurs du territoire ?

La plate-forme permet d’avoir une vue globale des outils et des animations qui sont proposés à l’échelle du territoire par les différents partenaires.

C’est l’occasion également de présenter les outils qui existent au niveau du Parc, de les partager et de les valoriser avec les acteurs et le grand public.

La plate-forme permet aux utilisateurs de se renseigner sur les animations et les formations qu’ils peuvent suivre dans le territoire. S’ils veulent préparer une animation, ils peuvent également retrouver toutes les ressources à leur disposition.

La plate-forme constitue un très bon outil de mutualisation, utile à tous.

 

Crédits photos : Céline Lebourg, Mathilde Froidevaux

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Des mains vertes pour la nature en ville

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Du 2 février au 11 mars 2016, plus de 250 écoliers de l’agglomération dijonnaise ont agi en faveur de la biodiversité en ville : curage et nettoyage de rivière, restauration de nichoirs et d’hôtels à insectes, observations des espèces… Une sensibilisation active et originale au respect de l’environnement, à la protection de la biodiversité et au bien vivre ensemble portée par l’association dijonnaise Arborescence, en partenariat avec Latitude21, la Ville de Dijon et la Fondation Nature et Découverte.

Grâce à un soutien « Coup de main » de la Fondation Nature et Découverte, Arborescence a encadré 13 classes pour la réalisation de mini chantiers nature. Ces 13 classes étaient inscrites dans un cycle d’animation « Ville et Nature » que l’association propose au sein du dispositif proposé par Latitude 21. Plus de 250 écoliers du CP au CM2, dont des enfants en situation de handicap et venant de Dijon, de Quetigny, Chenôve… ont participé au projet. Ces chantiers Nature sont l’occasion d’une sensibilisation active sur l’intérêt d’une nature sauvage en ville et impliquent concrètement les enfants dans une action valorisante, positive en terme de vivre ensemble et d’écocitoyenneté. Au programme : nettoyage de rivière, paillage d’une haie, restauration d’hôtels à insectes et de nichoirs.

 

Les chantiers se sont principalement déroulés au bois du ru de Pouilly mais également sur les autres sites du réseau Nature Dans Ta Ville, notamment au quai des carrières blanches à Fontaine d’Ouche.

Au bois du ru de Pouilly, curage de rivière et nettoyage des nichoirs

Les enfants ont enlevé les nombreux déchets et obstacles qui empêchent la circulation de la rivière et retiré l’excès de vase présent. Ensuite, ils « ont visité » les 13 nichoirs installés en 2012 par les centres de loisirs de la Ville de Dijon. L’occasion de  découvrir de jolis nids de toutes sortes d’espèces tels que des nids de mésanges, de moineaux ou même de pic-vert et de constater que les nichoirs ont bien été utilisés. Pour que ça continue, les enfants  ont  nettoyé, déparasité et verni les nichoirs pour accueillir de futurs occupants.

Suite aux visites des enfants, 80% des nichoirs avaient été utilisé et par une grande diversité d’oiseaux et même par un essaim d’abeilles.

Consultez la Carte infos !

(Le bois du ru de Pouilly est localisé dans les quartiers Nord de l’agglomération dijonnaise, enclavé entre le quartier résidentiel  récent du Château de Pouilly, la zone commerciale de la Toison d’Or et la zone industrielle du Cap Nord).

Au quai des carrières blanches, paillage de la haie champêtre et visite de l’hôtel à insectes

Pour ces enfants aussi ce n’était pas de tout repos ! Ici, les enfants ont paillé avec un  mélange d’écorce et de broyat de bois les pieds de chaque arbuste de la haie champêtre qui étaient à nus depuis leur plantation en 2015. Cette haie champêtre a été installée par 8 classes du quartier Fontaine d’ouche dans le cadre d’un programme pédagogique, l’année scolaire 2015.

 

Aux jardins familiaux de Quetigny

Auxiliaire du jardin, le hérisson mange limaces et escargots qui lui passent sous le museau. Or, ces petits animaux sont menacés par les voitures, mais aussi par l'utilisation de produits toxiques et la disparition des réseaux de haies et de jardins. Pour aider concrètement le hérisson, les enfants lui ont construit un gîte.

 

 

Le tout accompagné …

Outillages, matériaux, bottes, goûter accompagné de son chocolat chaud… mais aussi boites loupes, jeux pédagogiques… tout a été mis en œuvre pour que ces chantiers Nature soient sources de connaissances, de cohésions et de bons souvenirs pour nos jeunes citoyens ! Et avant de repartir, chaque classe s’est vue remettre un diplôme NDTV pour les remercier de leurs actions.

 

 

En partenariat avec :
   

Avec la participation de 13 classes des écoles :

Trémouille (Dijon), Beaumarchais (Dijon), Lamartine (Dijon), IME PEP 21 (Dijon), Les Violettes (Chenôve), Jules Ferry (Chenôve), Des Cèdres (Quetigny), Aiguisons (Quetigny), Les Carrois (Fontaine-lès-Dijon), Ahuy, Alsace (Dijon - Fontaine d'Ouche) et Colette (Dijon - Fontaine d'Ouche)

Photos : Alice Jannet
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Rencontre avec Dominique Aubonnet, chargée de mission Éducation à l'environnement à Réserves naturelles de France

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Dominique nous présente les réserves naturelles de France et nous fait découvrir la richesse des actions menées par le réseau en matière d’éducation à l’environnement.

1) Dominique, pouvez-vous nous présenter ce qu’est Réserves naturelles de France (RNF) ? 

Réserves naturelles de France est une association loi 1901, dont la mission est de coordonner et d’animer le réseau des 343 réserves naturelles, pour favoriser les échanges de connaissances scientifiques et d’expériences de gestion, de défendre les réserves naturelles, de les faire connaitre et de valoriser leur image auprès du public.

Les réserves naturelles sont des territoires de nature remarquable, protégés par une réglementation adaptée. Elles permettent une protection à long terme d’espaces où les enjeux patrimoniaux sont forts : espèces, objets géologiques rares ou caractéristiques, milieux naturels fonctionnels et représentatifs de la biodiversité locale…

Elles sont gérées par un organisme local ; ce peut-être une collectivité, une association, un établissement public. Les réserves naturelles œuvrent également depuis 35 ans pour recevoir, sensibiliser et éduquer à la conservation du patrimoine naturel, dans les meilleures conditions scientifiques et pédagogiques. Elles accueillent chaque année plus de 1,5 millions d’élèves de la maternelle à l’université parmi les 7 millions de visiteurs en métropole et en outre-mer.

2) Vous êtes chargée de mission éducation à l’environnement : en quoi cela consiste au sein de RNF ?

Tout d’abord, précisons qu’au sein du réseau des réserves naturelles de France, nous parlons plus d’éducation à la nature. Notre objectif est d’emmener les enfants et les adultes sur le terrain, pour étudier la faune, la flore, les milieux naturels et leur protection, et privilégier un contact direct avec la nature, en évitant si possible les médias tels que les tablettes ou les smartphones, en fonction de l'objectif recherché. L’idée, c’est vraiment d’amener le public à regarder, observer, toucher, sentir, le tout en respectant les réglementations qui s’appliquent sur les réserves. La réglementation est en effet une des spécificités de l’éducation à la nature dans les réserves naturelles : par exemple, il n’est pas possible de prélever quoi que ce soit, qu’il s’agisse des têtards, des insectes, des plantes…

Ma mission consiste à coordonner les actions programmées par la commission éducation à l’environnement, que nous appelons ComEE.  Elle regroupe 170 membres travaillant dans des réserves et s’organise autour d’un bureau, dont le rôle est de définir les axes stratégiques, les actions prioritaires et les thématiques sur lesquelles travailler. Un comité de pilotage suit l’avancement des projets, veille à la cohérence des actions menées et valide les orientations.

De mon côté, je suis en charge de la mise en œuvre des actions de la ComEE : élaboration des programmes et budgets, travail avec les prestataires, organisation de rencontres (groupes de travail, commissions, ateliers, séminaires), participation aux comités de pilotage nationaux… J’assure aussi les liens permanents avec tous les membres de la commission et je diffuse les informations sur des actions nationales portées par RNF et proposées dans le réseau, comme par exemple la journée nationale des zones humides ou l’opération Fréquence grenouille.

Par exemple, je mène actuellement un important projet, en collaboration avec ma collègue chargée de mission "Territoires et Développement Durable" et "Club RNR" (RNR : réserves naturelles régionales), sur la valeur ajoutée d’une réserve naturelle pour son territoire, ce qu’elle apporte et "rapporte" à ce territoire. L’objectif est de donner des arguments aux gestionnaires, pour qu’ils puissent communiquer plus facilement avec leurs élus et avoir des arguments fiables pour les sensibiliser sur l’intérêt des réserves naturelles pour les territoires.

Je travaille aussi sur le thème de la relation homme-nature, en collaboration avec le réseau Ecole et Nature. L’objectif est d’expérimenter des actions dans les territoires sur ce sujet, à travers entre autres la question de la transmission intergénérationnelle et interculturelle de savoirs ancestraux, ainsi que les bienfaits apportés par les espaces de nature sur les citoyens.

3) Dans le cadre de vos travaux, créez-vous des outils ou des ressources pédagogiques ? 

Chaque réserve naturelle peut être amenée à créer ses propres outils pédagogiques. Souvent, les outils créés par un animateur sont transférables à d’autres réserves, après adaptation au contexte particulier du territoire. Aussi, à chaque rencontre des animateurs du réseau, nous proposons un forum au cours duquel chacun peut découvrir les outils et bénéficier des idées et expériences des autres. Ces forums ont toujours beaucoup de succès.

Nous avons en projet de créer un outil permettant de mutualiser les ressources développées par les animateurs des réserves, afin de favoriser les échanges entre eux. L’objectif est également de mutualiser la méthodologie mise en œuvre par chacun pour développer ces ressources, à travers une fiche expérience décrivant le contexte, le budget, les partenaires impliqués, les prestataires…

Au niveau de RNF, les ressources que nous produisons pour le réseau sont davantage d’ordre méthodologique. Par exemple, nous avons produit le  « Guidéduc », guide méthodologique de l’éducateur des réserves naturelles ; ou encore, en collaboration avec Ecole et nature, le guide méthodologique « Nature biodiversité, tous concernés ! », un recueil d’expériences pour impliquer les citoyens dans la préservation de la biodiversité…

La nature sur le pas de la porte

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Dans le cadre de l’exposition « La nature sur le pas de la porte » réalisée par Latitude21, des animations et des sorties, encadrées par des experts de Bourgogne-Nature (botanistes, entomologistes...), ont été proposées au grand public sur les sentiers du Grand Dijon et en ville (quartier des Grésilles et quartier Montmuzard autour de Latitude21). Elles affichent toutes complets... Odile GUETIN nous parle de ces balades naturalistes.

 

A la découverte de la nature proche et urbaine

 

La première sortie a eu lieu le 27 avril. Intitulée « Un hot-spot biodiversité étonnant en pleine ville », cette sortie a permis au public de découvrir la diversité des escargots de Bourgogne, mais aussi les lichens sur pierres (et écorces) ou encore les herbes sauvages au sein d'un lieu bien connu des Dijonnais : le parc des Carrières Bacquin. Cette visite, très vivante, était animée par Jean BEGUINOT, de la Société d’Histoire Naturelle du Creusot.

 

 

Puis, le 7 mai, Jean BEGUINOT a montré au public que « l’air est pur en plein Dijon : la preuve par les lichens ». Cette découverte des lichens et des écorces sur les arbres du quartier Montmuzard a été suivie d'une projection à Latitude21.

Le 18 mai, c'est avec Monique PROST, entomologiste et Geneviève CODOU-DAVID, naturaliste, que les participants ont arpenté le fort de la Motte Giron pour une découverte du monde des insectes. Un sortie prévue pour 2h et qui a duré 3h30... passionnante !

Le 8 juin, Benjamin GOURLIN, de la Société d'Histoire naturelle d'Autun, a accompagné un groupe d'une vingtaine de personnes sur les hauteurs proches de Dijon, le plateau de Chenôve. Au fil du chemin, les arrêts ont été fréquents pour admirer et photographier l'incroyable diversité des espèces végétales présentes sur le plateau, dans des milieux très divers : arbres, arbustes, fleurs dont de magnifiques orchidées (orchis pyramidal, ophrys arbeille...).

 

 

 

Au cours d'une nouvelle sortie aux Carrières Bacquin le 11 juin avec Louis MATHEY et Geneviève CODOU-DAVID, naturalistes, les participants ont "redécouvert" la nature proche et urbaine, riche en diversité.

 

 

 

A venir

Vous pourrez profiter d’une dernière sortie urbaine en ville le 21 juillet 2016 à Quetigny lors de la balade crépusculaire dans le parc de la ville à la rencontre des chauves-souris. Cette sortie sera suivie d'une projection en extérieur du film "une vie de grand rhinolophe" de T. STOECKLE (premier prix du Festival du film animalier de Ménigoute).

 

crédits photos : Latitude21

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Le 1er forum d'éducation au développement durable dans l'Yonne

Rencontre originale sous la forme d'un speed dating environnemental

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Danièle Louis et Brigitte Guéret-Landrier, enseignantes à Joigny et à Sens (89), sont à l'origine du premier forum de l'éducation au développement durable dans l'Yonne qui s'est tenu le 21 mars 2014. Elles nous ont parlé de leur initiative.

 

« Des actions de sensibilisation au développement durable existent sur le territoire de l'Yonne mais elles manquent de structuration.»

Les deux enseignantes, sensibles à ce constat, ont alors l'idée d'organiser un forum pour que les différents acteurs de l'éducation au développement durable -enseignants, associations, institutionnels- se rencontrent, se connaissent, et échangent : « De réelles rencontres entre personnes appartenant à des mondes différents. L'objectif final est de construire un véritable réseau dans l'Yonne, de manière à structurer les acteurs et les actions menées, et répondre aux demandes. »

Le lieu est alors choisi : ce sera le lycée de Joigny, idéalement situé sur le territoire et participant à une démarche d'éco-lycée. Des élèves du lycée sont d'ailleurs intégrés à l'organisation.

Le format : il s’agira d’un "speed dating" environnemental. Très interactif, c’est un format idéal pour faire une rencontre dans un temps limité, qui nécessite d'aller à l'essentiel.

Ainsi, chaque participant, affilié à un groupe - enseignant, association, collectivité -  dispose d'une durée de sept minutes pour discuter avec une personne d'un autre groupe. Et à chaque coup de gong, chacun change d'interlocuteur. Les échanges se sont succédés sur toute une matinée. et l'après-midi a permis à chacun des groupes de faire un bilan.

« Les participants sont repartis très enthousiastes. Même si l'ensemble semblait un peu bruyant ; ils ont apprécié ces échanges, qui ont permis de créer des liens entre eux.. Cette initiative a permis aux enseignants de connaître les différentes associations environnementales de leur département, et aux associations de se rendre compte de ce qui se passe dans une salle de classe. »

Pour les organisatrices, le bilan est globalement positif. Cet évènement est novateur et plébiscité. Il pourra être reconduit, en étant adapté aux besoins qui émergent. Des associations ont déjà pris contact pour participer à un autre forum de ce type.

Sa mise en œuvre a nécessité un gros investissement pour identifier les acteurs, les contacter par téléphone, expliquer la démarche. « Pour faire du réseau, la meilleure solution est le contact de proximité.»

Des pistes d'amélioration sont déjà évoquées pour la prochaine édition comme, par exemple, pouvoir élargir la participation aux enseignants du primaire.

La perception de la nature par les enfants à travers le monde

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Retour sur les actions menées autour du livre "Nature du monde-dessins d'enfants" par l’association Empreintes et le Musée-Site Buffon, avec Emmanuelle Vernhet et Mikaël Fauvel (association Empreintes)

Des chercheur-e-s en sciences sociales et en écologie ont rassemblé, dans le livre "Nature du monde, dessins d’enfants" coordonné par Hélène Pagezy, anthropologue, chercheure au Muséum National d'Histoire Naturelle, près de 200 dessins réalisés par des enfants de onze régions du monde (Gabon, Russie, Mayotte, Groenland, Kirghizstan...).

Chaque enfant a répondu à cette question : "Dessine moi ta nature".

A travers ces illustrations, les enfants se sont exprimés sur "leur" nature. Tous les dessins produits par les enfants de cette région du grand Nord sont épatants de finesse. On y retrouve des informations parfois très précises sur les activités humaines, de loisirs ou de subsistance, les paysages et les espèces animales et végétales qui y vivent. 

Certains enfants ont dessiné les récits racontés par leurs aînés (origine du monde, des animaux, plantes...) et un dessin représente les légendes transmises de générations en générations.

Les scientifiques ont analysé ces illustrations et en ont dégagé les rapports homme-nature au sein des différentes sociétés associées dans le cadre de ce travail de recherche.

Le livre suggère une ouverture sur le monde et ses différentes cultures et tend, de ce fait, à nous questionner sur notre propre rapport à la nature.

La conférence "Les Kirghiz et la nature : dessins d'enfants, discours d'adultes"

L'association Empreintes, qui propose régulièrement des événements autour des rapports homme-nature, a choisi de creuser cette approche "enfantine" de la nature, en organisant, en partenariat avec le Musée-Site Buffon de Montbard, une conférence proposée par Nicolas Lescureux sur le thème "Les Kirghiz et la nature : dessins d'enfants, discours d'adultes", le 7 novembre 2015.  

Nicolas Lescureux, chercheur en ethno-écologie au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier et contributeur du livre, est venu présenter son expérience au Kirghizstan.

Au cours de son intervention, Nicolas Lescureux a d’abord décrit le récit de ses voyages dans ce pays montagneux d'Asie centrale, le Kirghizistan. Après avoir dressé un portrait rapide du pays, sous son aspect historique, géographique et écologique notamment, le conférencier est rentré progressivement dans l'analyse des dessins des enfants qu'il avait recueillis dans l'une des villes principales où se trouvait leur école.

D'après leurs dessins, la nature de ces enfants, c'est en premier lieu le bétail, les animaux qu'ils rencontrent à la chasse et ceux qui les aident à chasser (faucon sacre), les rivières auprès desquelles ils installent leur campement et en toile de fond, de hautes montagnes aux sommets enneigés.

Un détail important : sur un canevas de 20 dessins, plus de 15 représentent la yourte, habitat traditionnel de ces peuples nomades. L'homme et ses activités y sont également toujours présents : chasse, bétail… Les chevaux ont aussi une place très importante : le désir de monter apparaît très tôt chez les enfants, qu'ils soient filles ou garçons.

A la fin de la conférence, Nicolas Lescureux a aussi commenté quelques dessins réalisés par les petits Montbardois, dans le cadre des nouvelles activités périscolaires (NAP) encadrées par le Musée-Site Buffon et au cours desquelles il avait été proposé aux enfants de dessiner leur nature.

Sur ces dessins, on voit de grandes collines arrondies, des maisons, des vaches, des prairies et beaucoup d'arbres, des promenades à cheval, des sorties en luge, des bonhommes de neige.

Le premier constat est que ni les enfants du Kirghizstan ni les enfants de Montbard ne dissocient l'homme de la nature au travers de leurs dessins. La yourte ou la maison sont représentées dans la nature. Les charolaises de l'Auxois et les chevaux attachés près des yourtes sont la nature.

Le deuxième constat est que, au Kirghizstan, les enfants dessinent la nature telle qu'ils la voient lorsqu'ils sont « en vacances » dans les montagnes et qu'ils renouent avec leurs traditions nomades. Ils feraient donc de fait, une distinction entre la ville et la campagne. La ville ne serait-elle donc pas naturelle ?

Dernier constat, la nature semble être, pour ces enfants de deux pays très différents, un espace de loisirs.

Ces observations nous ont ensuite amenés à nous interroger sur notre propre rapport à la nature en tant qu’adultes :

  • Nos représentations sont-elles les mêmes que celles des enfants ? Sont-elles plus étroites ou au contraire plus larges ? Et à quoi pourrait être liée cette différence ? L'appartenance à une classe sociale ? A une catégorie socioculturelle ? Le lieu où l’on vit et habite ?
  • Et si l'on considère qu'en tant qu'adultes nos représentations diffèrent de celles des enfants, pourquoi évoluent-elles ? Est-ce une question d'éducation ?
  • La ville est-elle un espace de non-nature, par opposition à la campagne, qui serait un espace de tout nature ?

 

Les dessins en illustration :

Le premier dessin ainsi que celui qui est en illustration à droite de l'article sont des dessins des enfants de Montbard.

Le second dessin est celui de Tilek Ecenbek, 11 ans, 2004 :  les montagnes bleues du Tien-Shan.

Dessin d'enfant de Montbard 2.JPGLes montagnes bleues du Tien-Shan, par Tilek Ecenbeck, 11 ans 2004

"La folle histoire des corridors"

Un jeu de plateau ludique qui interroge sur les aménagements du territoire

Témoignage de Christine Bobin, Professeur de SVT au collège Saint-Exupéry de Montceau-les-Mines

Qui êtes-vous?

Je suis professeur de Sciences de la Vie et de la Terre au collège Saint-Exupéry de Montceau-les-Mines, je suis également correspondante académique EDD pour la Saône-et-Loire. Dans ce cadre, j'ai pour mission d’informer et soutenir les enseignants du département dans la conduite de projets de développement durable dans les établissements, en relation avec la politique nationale et le projet académique ; d’impulser des actions éducatives et pédagogiques en lien avec le réseau des partenaires ou encore de valoriser les expériences éducatives et pédagogiques innovantes menées dans les établissements.

Vous avez adapté une fiche activité réalisée par la FRAPNA, qui figure maintenant dans le guide pédagogique « Trame verte et bleue, faut que ça maille » dont la réalisation est coordonnée par Alterre Bourgogne. L’activité s’intitule « La folle histoire des corridors ».  De quoi s’agit-il ?

Il s'agit d'un outil de sensibilisation clé en main qui permet de comprendre la notion de corridors écologiques en suivant l’aménagement d’un espace qui se développe au rythme de la croissance économique d’un village rural. Sur une période de 50 ans, toutes les étapes du développement territorial sont abordées : infrastructures routières et ferroviaires, zones d’activités économiques et de loisirs, étalement urbain, emprise sur les terres cultivées…

L'objectif de l'activité est de comprendre les effets de l’aménagement du territoire sur la capacité des espèces à se déplacer dans un environnement de plus en plus anthropisé, entraînant morcellement, disparition de certains milieux favorables ou encore présence d’obstacles infranchissables pour la faune et la flore.


En quoi consiste cette activité ? A quel public s'adresse-t-elle?

L’activité s’appuie sur un jeu de plateau, sur lequel on ajoute différents éléments, à la façon d’un puzzle, tout au long du déroulement de l’activité. Après un repérage des différents milieux de vie occupés par les espèces animales et végétales de la biodiversité ordinaire, chaque nouvelle pièce du puzzle montre l’impact des aménagements humains sur les déplacements de ces espèces qui doivent assurer leurs besoins vitaux tels que la reproduction, l’alimentation ou encore la recherche d’un nouveau territoire.

J’ai adapté la fiche de la FRAPNA pour un public de collégiens et lycéens (version longue) ou pour le cycle 3 (version courte). L’activité est proposée en deux versions, selon le temps à y consacrer.

L’activité en version longue a été testée avec mes élèves de 5ème, en classe entière, dans le cadre d’un Itinéraire de découverte traitant de la problématique de la continuité de la trame verte à différentes échelles de territoires. En prolongement, un travail sera conduit sur l’aménagement de l’ancien parc minier à ciel ouvert et de l’histoire de la ville de Montceau, ville qui a fêté ses 150 ans en 2006 et qui s’est construite autour de l’exploitation du charbon.

Il s’agira alors de réfléchir aux nouveaux aménagements à mettre en place pour favoriser la reconnexion des milieux et diminuer l’impact de l’Homme sur son environnement.

Plus concrètement,  l’objectif est de faire émerger l’idée que chacun peut agir à son niveau, en milieu urbain, pour permettre la circulation des espèces, qu’elles soient animales ou végétales et de donner des pistes d’aménagements dans sa structure, son jardin ou sur son balcon.

Avec des lycéens, une reconstitution de l’histoire de sa ville peut être envisagée, à l’aide de documents d’urbanisme, avec, pourquoi pas, des propositions de reconnexion de la trame verte et bleue à déposer  auprès du Conseil municipal ou du Conseil des Sages.


Avez-vous des recommandations à faire sur cette activité?

Dans le cadre d’un projet collectif, on peut imaginer inclure cette activité dans une séquence scientifique du cycle 3 (« Les êtres vivants dans leur environnement » ou « Environnement et développement durable ») avec enquête sur les conditions d’accueil de la faune dans sa structure ou aux abords et pistes d’aménagements possibles.

Au collège, les programmes de SVT, de géographie et d’éducation civique permettent de croiser les approches et de travailler en pédagogie de projet soit sur des temps dédiés (comme les IDD, en co-animation) ou sur le temps de cours après concertation au sein des équipes pédagogiques, ce qui laisse le champ libre à toutes autres disciplines souhaitant s’investir dans le projet.

C’est aussi l’occasion de développer des partenariats avec les collectivités ou les associations à l’échelle de son territoire et de prendre connaissance des politiques territoriales mises en œuvre,  sur la biodiversité notamment.

Même si cela reste une activité « papier », elle est à mon sens le point de départ de toute une série d’expérimentations à réaliser dans sa structure : création d’une mare pédagogique, d’un jardin au naturel, construction d'une maquette de la ville du futur avec en perspective la restauration de la  trame verte et bleue…

Elle permet d’aller sur le terrain afin d’identifier les freins aux déplacements des espèces ou d’interroger les personnels œuvrant pour l’aménagement de l’espace.

En clair,  «La folle histoire des corridors » est une formidable boîte à trésors, qui saura être le déclencheur d’une multitude de projets pour celles ou ceux qui auront pris le temps de s’intéresser à la place de l’Homme dans son environnement.

 

L’activité « la folle histoire des corridors » fait partie des activités proposées dans le guide pédagogique « Trames vertes et bleues, faut que ça maille ! » dont la réalisation est coordonnée par Alterre Bourgogne.

Retrouvez cette fiche-activité dans le guide pédagogique « Trames vertes et bleues, faut que ça maille ! »

 

La parole à... Jean-Michel Blondeau, directeur du CPIE Pays de Bourgogne

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 Jean-Michel Blondeau, directeur du centre permanent d'inititatives pour l'environnement (CPIE) Pays de Bourgogne, nous présente les missions de sa structure, ses actions dans le domaine de l'EEDD et son intérêt pour la plate-forme.

1) Pouvez-vous nous présenter le CPIE Pays de Bourgogne, son rôle, ses missions ?

 « Chercher, développer, transmettre », telle pourrait être la devise du CPIE Pays de Bourgogne qui, depuis près de 20 ans, décline cette trilogie au service du développement durable de la région.

Notre association, composée d’une quinzaine de salariés et autant de bénévoles actifs, intervient sur quatre champs d’actions complémentaires qui forment aujourd’hui un tout cohérent et amènent le CPIE à travailler avec différents partenaires (services de l’état, collectivités locales, établissements publics, associations, entreprises…) sur :

  • l’éducation à l’environnement et au développement durable
  • l’accompagnement des territoires et des politiques publiques en matière de développement durable
  • la gestion des espaces naturels et du cadre de vie 
  • l’observatoire bourguignon des métiers de l’économie verte

 

2) Quelles sont les différentes actions que mène le CPIE dans le domaine de l’EEDD ? Quels sont ces objectifs ? Quels sont les outils mis en place par le CPIE ?

 Véritable « ADN » du CPIE Pays de Bourgogne, l’éducation à l’environnement et au développement durable est un pôle d’activités tourné vers deux publics principaux : les enfants et les jeunes, et le grand public.

Inspiré notamment par les travaux de Lucie Sauvé sur les objectifs généraux de l’ERE (éducation relative à l’environnement), le CPIE mène ses actions éducatives en vue de permettre à chaque individu de construire avec lui-même, les autres et son environnement naturel une relation responsable, respectueuse et placée sous le signe de la durabilité. Les activités proposées ci-après sont autant d’occasions de poursuivre ce but  :

  • accueil de classes environnement (de la maternelle au lycée) dans nos locaux dotés d’une capacité d’hébergement de 100 lits
  • interventions en milieu scolaire sur différentes thématiques (biodiversité, eau, déchets, énergie, environnement sonore…)
  • ingénierie pédagogique et conception d’outils et de supports d’animations
  • animations et conférences grand public

 

3) Quel est l’intérêt de la plate-forme de l’EEDD pour le CPIE ?

Je vois trois grands intérêts à cet outil en fonction de l'utilisation que l'on en a :

- En tant que contributeur, c’est un outil pour faire connaître le fruit de nos réflexions et de notre longue expérience en matière de conception d’outils pédagogiques.

- En tant qu’acteur de l’EEDD, c’est un outil pour :

  • faciliter l’émergence de projets en EEDD sur le territoire bourguignon
  • créer du lien et favoriser les partenariats
  • valoriser la créativité bourguignonne notamment en matière d’ingénierie pédagogique.

-  En tant qu’utilisateur, c’est un outil qui permet :

  • de gagner du temps en facilitant l’accès aux données
  • de donner des idées et des envies d’explorer des thématiques qui sortent de celles que nous traitons habituellement.

" Développement durable : je t'aime, moi non plus ! "

crédit photo : Alterre Bourgogne

 

Lawrence Guillaume travaille au CPIE Bresse du Jura* et à Tussiliiq**, association d’éducation environnementale. Au sein de ces deux structures, il est tour à tour éducateur nature, formateur en éducation environnementale et enseignant et formateur sur le brevet de technicien supérieur agricole « gestion et protection de la nature » (BTSA GPN).

Il a participé à l’élaboration du séminaire SFFERE « Développement durable : je t’aime, moi non plus ! » organisé par Alterre Bourgogne, le mercredi 19 novembre 2014 à AgroSup Dijon et nous propose un retour sur cette journée.

 

Pourquoi «  Développement durable : je t’aime, moi non plus » ?

Ce thème est né d’un constat - partagé au sein du groupe de travail SFFERE d’une usure du concept de développement durable, d’une lassitude chez une part de la population que les uns et les autres nous côtoyons (les élèves sur le temps scolaire et hors scolaire mais aussi les adultes) lassitude qui confine parfois à l’agacement.  L’approche est souvent culpabilisante et on assène trop de certitudes, avec une dimension  « bien pensante » qui peut s’avérer excluante, voire discriminante. L'objectif que le groupe de travail s'est donné pour le séminaire était de ré-enchanter le développement soutenable pour en proposer une relecture. Il ne s’agit pas, bien sûr, de rhabiller le concept, ni d’un coup de cosmétique à appliquer pour rendre le développement durable plus vendeur, mais bien d’une réécriture complète du concept lui-même, pour le rendre à la fois plus compréhensible et enviable, mais aussi plus efficace et socialement compatible.

 

Qu'avez vous particulièrement apprécié dans ce séminaire ?

Je n’ai participé qu’ à trois ateliers l’après-midi et je ne peux donc faire de retour que sur les interventions auxquelles j’ai assisté.

J’ai beaucoup apprécié l’interpellation et la réinterprétation du concept de développement durable qui nous a été proposée par Jean-Philippe Robinet, formateur à l’Institut d’éco-pédagogie de Liège. Son intervention était pleine de sens. C’était un mélange judicieux et savamment dosé de pertinence et d’impertinence, qui  m’a paru de nature à ré-enchanter le développement soutenable. La méthode aussi, décalée et illustrée, a interpelé une grande partie de l’auditoire et a permis de mettre tout le monde en réflexion.

J’ai aussi apprécié l’approche de l’EEDD des Petits Débrouillards. Là encore, la démarche est intrinsèquement assez subversive : elle promeut en effet une réelle divulgation de la connaissance scientifique au plus grand nombre, au sens large, de façon non discriminante et non élitiste. Elle s’inscrit ainsi directement dans la continuité de certains éléments fondateurs de l’éducation populaire.

Enfin, je dirais du témoignage de l’architecte Sophie Ricard (« construire ensemble le Grand ensemble à Roubaix ») présenté en atelier, que c’est une application concrète et pragmatique des valeurs du développement soutenable, et notamment sur les volets social et économique. C’est particulièrement intéressant pour nous qui avons souvent une entrée environnementale dans le développement soutenable. Ce témoignage a  démontré qu’il est possible de faire des « trucs » concrets qui fonctionnent.

Quand je participe à ce genre d’évènements, si je repars avec plus d’envies qu’en arrivant, plus d’idées, plus d’espoir, je suis satisfait.  Ce qui a été le cas.

 

Qu'en retirez-vous ?

Il faut prendre au sérieux ce qu’on fait et arrêter de se prendre au sérieux soi-même ! Une image m’est venue, que j’ai souhaité partager ensuite avec mes élèves du BTSA Gestion et protection de la nature, après le séminaire SFFERE (et aussi quelques expériences découvertes par ailleurs) : quand je fais un affouage en forêt, en quittant les lieux à la fin de la journée, je me retourne toujours pour regarder le tas de bois derrière moi et à ce moment-là, j’éprouve une certaine fierté. En matière d’EEDD, je pense que c’est la même chose : il faut agir en sorte d’être fier du travail réalisé, au lieu de contempler mentalement tout ce qu’on pourrait faire. Avec pragmatisme et engagement, on peut faire des choses ensemble. Et, quelle que soit l’entrée choisie- le social par exemple -, l’environnemental, l’économique suivent…. Il faut sortir du côté jargonnant et de l’entre soi, il ne faut pas hésiter à aller voir ce qui est fait ailleurs par d’autres… Il y a de nombreuses actions et réalisations qui sont conduites hors de la lumière de la médiatisation et c’est aussi par ces alternatives qu’on arrivera vraiment à faire du développement soutenable.

Notre rôle en tant que formateur et éducateur à l’environnement, c’est de faire comprendre, de donner envie, d’accompagner et surtout, surtout, de dédramatiser le développement soutenable, pour donner à chacun la possibilité, le pouvoir d’agir.

*Le CPIE Bresse du Jura est une structure associative d’éducation à l’environnement qui  agit dans trois domaines d’activités :

 • La formation (formations longues, pour préparer des professionnels aux métiers liés à l’environnement ; ou formations courtes, pour permettre à chacun de compléter ses connaissances)

• La sensibilisation : auprès de tous les publics à travers des rencontres, sorties, découvertes, et auprès des plus jeunes, en milieu scolaire comme en accueil de loisirs.

 • L’accompagnement et la valorisation des territoires, à travers l’interprétation et la gestion de site.

**Tussiliiq est une association qui agit dans le domaine de la sensibilisation, de l’animation et de la pédagogie de l'environnement, mais aussi dans le conseil, le développement local et l’animation rurale, la formation en éducation environnementale, l’accompagnement de classes dépaysées…

L'économie circulaire : quels enseignements ?

photo Jean-Christophe Duflanc

Jean-Christophe Duflanc, inspecteur d'Académie, inspecteur pédagogique régional (IA-IPR) d'économie-gestion, et co-référent Développement durable* pour l’Académie de Dijon propose un retour sur la journée consacrée à « l’économie circulaire : quels enseignements ? » organisée par l'Académie de Dijon, en partenariat avec le centre INFINEO, l'ADEME, la DREAL et Alterre Bourgogne le 26 novembre 2014.

 

Bien que les événements se multiplient autour de ce concept cette année, «l'économie circulaire» n’est pas encore une expression familière pour un grand nombre d’acteurs ; on lui préfère celle de « développement durable ». C’est ce seul vocable, présent dans les programmes mais aussi dans les textes réglementaires, qui propose un cadre général d’action. Pour l’éducation nationale, l’ensemble est structuré par les textes E3D « Etablissement en démarche de développement durable » qui envisagent l’EDD sous l’angle de l’éducation formelle des élèves au travers des enseignements, l’éducation informelle, les projets disciplinaires et co-disciplinaires, la formation des professeurs et la gestion éco-responsable des établissements.

L’économie circulaire est donc un champ d’investigation nouveau, un thème d’étude tout autant qu’un cadre d’action à faire découvrir et investir par l’ensemble de la communauté scolaire en relai des initiatives des territoires.

Il n’existe pas actuellement de définition normalisée ni même stabilisée du concept d’économie circulaire. Selon l’ADEME, celle-ci peut se définir comme « un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l’efficacité́ de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement ».

En réponse aux limites du modèle « produire, consommer, jeter », l’économie circulaire propose un modèle économique différent : il s’agit d’allonger la durée de vie de la matière, en développant des modèles économiques en cascade c’est-à-dire générant plusieurs boucles de valeurs à partir des mêmes matières initiales, ainsi qu’en inventant de nouveaux modèles de vente, en préparant la population à mieux consommer et mieux recycler, et en veillant à la non-toxicité́ des produits qui circulent.

Organisée dans une démarche partenariale (Académie de Dijon, Centre pédagogique INFINEO, Alterre Bourgogne, ADEME et DREAL), la journée du 26 novembre, poursuivait trois grands objectifs :

  • proposer aux enseignants présents de la matière didactisable et les placer en réflexion pour une intégration du concept d’économie circulaire dans leurs cours ;
  • inviter à une démarche d’action ancrée dans le territoire et en phase avec ses problématiques particulières ;
  • promouvoir une approche partenariale de l’éducation au développement durable.

Cette journée nous a aussi permis de médiatiser les conférences et tables-rondes en vue de les offrir en consultation au plus grand nombre dans un second temps. Les interventions théoriques, les témoignages, les éclairages statistiques, les questions philosophiques et autres enjeux pédagogiques pourront ainsi prochainement alimenter la réflexion de chacun.

L’enjeu principal est de donner un nouveau souffle à l’éducation au développement durable. Souvent associé à une approche dogmatique voire incantatoire, le développement durable lasse parfois, au détriment des valeurs qu’il porte. En conséquence, un ancrage plus fort sur le territoire, sur le politique (au sens étymologique du terme), sur la communauté d’intérêts, le mieux vivre ensemble, propose une entrée qui, si elle n’est pas nouvelle en soi, doit être réaffirmée. Certes, les valeurs plus générales de solidarité, de lutte contre les discriminations, de respect de la biodiversité (entre autres) devront toujours être développées dans le cadre de démarches éducatives spécifiques mais celles-ci pourront trouver un écho différent à l’aune des actions entreprises à l’échelle de la communauté (au sens anglo-saxon). Un contexte territorial circonscrit peut rendre les actions et leurs conséquences plus lisibles pour les élèves.

Sur initiative des collectivités locales/territoriales et/ou du Rectorat, un grand nombre d’établissements scolaires est d’ores et déjà investi dans des actions qui s’intègrent dans la logique de l’économie circulaire : recyclage des déchets, lutte contre le gaspillage alimentaire, baisse de la consommation d’énergie, actions de solidarité internationale… Notre action consiste aujourd’hui à accompagner les projets pour qu’ils soient porteurs de sens pour les élèves, qu’ils posent les bases d’une culture commune, préalable nécessaire à la transition vers un modèle nouveau.

 

* En tant que co-référent Développement durable pour l'Académie de Dijon, Jean-Christophe Duflanc et sa collègue Pascale Goutagny, IA-IPR d'histoire-géographie, conseillent le recteur dans l'éducation au développement durable et la conduite des actions qui y sont associées.

La parole à CANOPE de l'Académie de Dijon

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Manuel Fernandez, chargé d'ingénierie documentaire, nous présente les missions de Canopé Dijon, ses actions dans le domaine de l'EEDD et son intérêt pour la plate-forme.

 1) Pouvez-vous nous présenter votre organisme et votre département ? Quelles sont les missions du réseau Canopé ? Quels sont vos interlocuteurs et vos publics ?

 Le réseau SCÉRÉN [CNDP-CRDP] est devenu Canopé, le réseau de création et d'accompagnement pédagogiques, changement qui s'inscrit dans la dynamique de la refondation de l'école engagée par le ministère de l'Education nationale. En Bourgogne, le CRDP devient Canopé de l'académie de Dijon structuré par quatre sites départementaux et leurs antennes.

Cette refondation s’accompagne d’une nouvelle offre éditoriale, numérique et de proximité pour renforcer l'action de la communauté éducative en faveur de la réussite des élèves. Toutes les composantes de notre établissement sont mobilisées (Édition, Médiathèque, Librairie, Tice) afin de renforcer l'accompagnement des nouvelles pratiques pédagogiques et participer ainsi pleinement au programme d'action initié par le ministère « Faire entrer l'école dans l'ère du numérique ».

Le réseau Canopé décline son action sur les territoires, pour accompagner les priorités académiques et les programmes locaux. Il s'agit de produire, de diffuser, de qualifier et de valoriser les ressources adaptées à l'usage professionnel des acteurs et des partenaires de l'Éducation, de l'école maternelle aux classes post-baccalauréat :

  • les acteurs de la communauté éducative : enseignants, personnels d'éducation et d'orientation, chefs d'établissement et membres de l'inspection, personnels sociaux et de santé, parents d'élèves, Écoles supérieures du professorat et de l'éducation, rectorats, services départementaux de l'Éducation nationale, Collectivités territoriales
  • les partenaires de l'éducation qui œuvrent dans les champs de l'éducation scientifique, artistique, culturelle et sportive (notamment les organismes et les associations ayant une mission d'éducation et de formation et les intervenants qui travaillent auprès des publics scolaires), les représentants du monde professionnel qui ont un rôle d'information des élèves et des familles, de formation professionnelle ou d'insertion des jeunes

Ainsi, les services et les ressources du réseau Canopé sont accessibles à tout public intéressé par l'éducation, l'enseignement et la pédagogie : enseignant, étudiant, parent d'élève, animateur, formateur, intervenant culturel ou associatif.

Le réseau propose également un accompagnement à l'usage éducatif-pédagogique de ses ressources et services : formations, animations et événements en collaboration avec les acteurs et partenaires de l'éducation.

 

2) Comment agissez-vous en faveur de lEEDD ? Quels sont vos objectifs ? Quels sont les outils que vous proposez ?

Concernant l'éducation au développement durable, l'action du réseau Canopé se décline selon ses différents secteurs d'activités en proposant un éventail de produits et de services pédagogiques le plus diversifié possible :

  • des publications qui présentent à la fois des repères théoriques et des apports de connaissance, ainsi que des activités en classe,
  • des activités éducatives et pédagogiques sur un point du programme ou un domaine disciplinaire selon une démarche transversale favorisant une approche originale, ouverte et diversifiée,
  • des supports de sensibilisation, d'information ou de réflexion pour les élèves directement utilisables en autonomie ou avec la médiation de l'enseignant,
  • des documents méthodologiques avec une visée de formation des élèves,
  • des portails thématiques avec un rôle d'expertise pour accéder aux ressources de référence dans un domaine de l'éducation,
  • des animations autour de l'EEDD : depuis la découverte d'une thématique à des actions de formation grâce à l'intervention d'organismes ressources dans le domaine concerné.

 

Le service d'ingénierie documentaire travaille au signalement de ces ressources dans la plate-forme de l’EEDD, dans le cadre de ses missions de veille, de repérage, de qualification et de diffusion de l'information.

L'option qui a été adoptée, pour une plus grande réactivité, est de signaler dans la plate-forme de l'EEDD des sélections thématiques : pour chaque thème et chaque niveau scolaire, on accède ainsi à une liste de références qui est mise à jour automatiquement en fonction des nouveautés de notre médiathèque.

Par exemple, en activant ce lien, sont signalées les Ressources du Canopé Dijon sur la biodiversité et les paysages pour le collège.

 

3) Quel est lintérêt de la plate-forme de l'EEDD en Bourgogne selon vous ?

  • La plate-forme est un espace web dédié à la thématique EEDD

Devant la profusion et la dissémination des sources d'information, nous avons besoin d’une entrée qui permette d'accéder à une offre de contenus sur une question précise. C'est ce rôle de portail que joue la plate-forme de l'EEDD qui recense et organise des outils pédagogiques permettant de traiter les thématiques de l'EEDD : agriculture, alimentation, paysage, consommation, écocitoyenneté... Sans avoir à interroger chacun des organismes qui détient des outils pédagogiques, on consultera utilement la plate-forme qui réunit toutes ces informations.

  • La plate-forme est un outil qui qualifie les contenus

Tout d’abord, les ressources pédagogiques sont décrites, les usages et les niveaux d'utilisation sont précisés, ce qui permet d'évaluer la correspondance entre un outil et un usage pédagogique recherché. Ensuite, édités par des organismes de référence, les outils sont validés d'un point de vue scientifique et pédagogique. Enfin, ils sont utilisés par des enseignants, des formateurs, des intervenants d'associations et sont donc expérimentés en situation d'apprentissage ou de formation, ce qui donne un gage supplémentaire de fiabilité pédagogique.

  • Les ressources signalées sont disponibles sur le territoire bourguignon

Les outils pédagogiques référencés sont localisés, accompagnés des informations liées aux conditions de mise à disposition et, dans une grande majorité, ils sont accessibles en prêt. Grâce au maillage territorial des différents réseaux qui participent à cette action, l'accès aux ressources est facilité. De ce point de vue, la plate-forme poursuit un objectif très pragmatique d'accès aux ressources.

  • La plate-forme permet la mutualisation des ressources

Enfin, et ce n'est pas le moindre des intérêts, la plate-forme de l’EEDD relève d'une co-construction rendue possible par la volonté de mutualisation des participants. Le travail en partenariat autour d'objectifs partagés permet de toucher un public plus diversifié. Il s'agit alors de démultiplier les leviers d'actions et faire se rencontrer des communautés et des réseaux professionnels afin de diversifier les pratiques et les usages. Le partage des informations, la mise en commun des agendas de formation, l'annuaire des acteurs de l'EEDD en Bourgogne contribuent pleinement à cet objectif.

Le réseau Canopé de l'académie de Dijon se retrouve dès lors pleinement dans ces valeurs, ces objectifs et ces modalités de travail. Et c'est donc très naturellement que nous participons à cette action depuis l'origine du projet.

 

L'école du dehors, une belle expérience par Serge Hygen, chargé de missions à Eco-Conseil

 

A Strasbourg, une école du dehors, pour sortir tous les jours pour apprendre... ou quand l’école sort, elle apporte de la nature à la ville !

Serge Hygen, chargé de missions à Eco-conseil*, nous en dit plus sur cette belle expérience :

Depuis quatre ans, les classes d'une école maternelle de Strasbourg pratiquent – et c’est la première fois dans une grande ville française – une pédagogie inspirée des Waldkindergarten (jardins d’enfants dans les bois) allemands, suisses et scandinaves.

Chaque jour, à défaut de pouvoir aller dans la nature comme cela se pratique chez nos voisins européens, les enfants sortent dans des espaces « ensauvagés » de l’école.

Par tous les temps, les apprentis élèves grattent la terre, se roulent dans les feuilles, observent les petites bêtes, les plantes et les arbres, transportent des pierres, construisent des cabanes, patouillent dans la boue, font des traces et des dessins dans le sable, de la musique avec les bambous ...

Chacun à son rythme, dans une grande autonomie et avec l’accompagnement discret des enseignants, les enfants construisent les compétences inscrites dans les objectifs de l’école maternelle : ils découvrent le monde, expérimentent, imaginent, apprennent à parler, à compter et à coopérer …

Ce projet a été lancé en 2011 par ECO-Conseil et deux enseignantes de classes de tout-petits. Il se déroule à l'école maternelle Jacqueline, dans le grand quartier d’habitat social de Hautepierre à Strasbourg. Il s’étend progressivement à toutes les classes et transforme à la fois les espaces extérieurs de l’école et les pratiques éducatives de l’école.

Le projet en 3 grandes étapes

- Dans un premier temps, un premier espace sauvage (un terrain arboré) a été aménagé par les enseignantes elles-mêmes et l’éducatrice environnement de ECO-Conseil avec l’apport d’éléments naturels (branchages, troncs, pierres, graviers, écorces, feuilles …), de plantations d’arbustes et de plantes sauvages et avec la création d’un fil d’eau.

- Ensuite, un jardin régulier préexistant a été investi avec l’idée de créer un espace de curiosité scientifique et sensoriel en enrichissant le lieu de plantations luxuriantes et d’aménagements stimulants : arbre à musique, bacs à graphisme, boîtes à mystère, cabanes en palettes …

- Et troisième étape, la Ville de Strasbourg - partenaire dans la démarche - a en partie dé-bétonné une des cours de récréation et ajouté un large espace arboré récupéré dans le cadre du projet de renouvellement urbain du quartier à l’été 2014. Des aménagements variés ont été ensuite réalisés dans ce nouvel espace : sentiers en matériaux naturels, mare sèche avec un petit pont, parcours sur planches surélevé …

L'école du dehors : une véritable démarche pédagogique

Tous ces lieux permettent à 5 classes (sur 10) de sortir simultanément pour pratiquer cette «école du dehors ». Chaque enfant, à sa façon et à son rythme, se construit en s’enrichissant des expériences qu’il mène, des sensations qu’il ressent et des mots qui en découlent. Il est maître des actions qu’il choisit. Il comprend rapidement qu’il peut lui aussi agir sur son environnement et que son action a des répercussions. Il cherche des solutions à ses problèmes. Il développe son écoute, son observation et sa réflexion. L’enfant prend confiance en lui et cultive son imagination.

L’enseignant, quant à lui, observe, encourage, répond aux interrogations, rassure, verbalise et incite à aller plus loin. Il gère aussi les conflits et rappelle les règles qui sont simples : ne pas faire de mal ni à soi, ni aux autres, ni à la nature.

L’équipe pédagogique est en constant questionnement par rapport à l’utilisation de ces espaces avec les conseillers pédagogiques et l’éducatrice environnement. Elle construit petit à petit des pratiques éducatives basées sur des approches plus concrètes où l’enseignant accompagne et incite l’enfant dans ses élans vers l’apprentissage plus qu’il ne mène une classe.

Ces espaces extérieurs aménagés pour éduquer constituent des bases constamment enrichies par l’apport d'éléments naturels (plantations et matériaux) et par des projets spécifiques menés par les classes : création de jardins mobiles et de greniers à insectes, compostage des déchets des goûters à base de fruits de l’école, création d’un jardin de fleurs ou de plantes aromatiques, projet sur les traces… De véritables microcosmes naturels et éducatifs se développent en symbiose.

L'accompagnement et l'évaluation du projet par ECO-Conseil

ECO-Conseil accompagne le projet en apportant à la fois des apports techniques, au niveau de l’aménagement des espaces, un soutien pédagogique mais aussi des encouragements et des stimulations à s’engager et à poursuivre la démarche auprès des acteurs du projet.

Après plus de quatre années d'école du dehors, les enseignantes sont unanimes : l’évaluation est positive. Elles constatent que, grâce à cette pédagogie par l’environnement, les enfants sont plus impliqués dans leurs apprentissages, plus agiles, plus calmes aussi. Et en plus, ils développent des liens avec la nature.

L’exploitation de ces espaces en récréation a aussi beaucoup apporté : étant plus actifs et intéressés par ce milieu riche, les enfants sont moins agressifs et plus créatifs à ces moments-là.

Autre effet de plus en plus visible : le projet apporte au quartier une note « sauvage » et de biodiversité qui contrebalance, à sa manière, les aménagements du PRU (Projet de Renouvellement Urbain) qui ont, au final, minéralisés le quartier en supprimant presque tous les grands arbres et les zones naturelles près des immeubles.

 

Les enjeux de l'éducation à la citoyenneté mondiale par Benjamin Léger, directeur de Bourgogne coopération

 

Benjamin Léger nous expose les enjeux de l'éducation à la citoyenneté mondiale, les dispositifs existants et les actions menées pour promouvoir activement cette dynamique. 

Bourgogne coopération est un réseau régional dédié à la solidarité internationale et à la coopération, créé en 2012 et soutenu, entre autres, par le ministère des Affaires étrangères et du Développement international. Il a pour objectif de contribuer à l'émergence d'une citoyenneté plus ouverte sur le monde à travers l’accompagnement des particuliers et des organisations publiques ou privées, pour les aider à agir dans les secteurs de l'éducation à la citoyenneté mondiale, de la coopération et des échanges internationaux, du volontariat et de l'aide au développement.

L’association vise aussi l'information du plus grand nombre, la coordination et la mutualisation des actions menées en Bourgogne ou à l'étranger, ainsi que la promotion des actions innovantes pour une meilleure prise en compte des interdépendances mondiales et du développement durable.

Bourgogne coopération fédère  plus de 80 associations, collectivités territoriales et institutions au sein d'une dynamique autonome, ascendante, « multi-acteurs » et concertée.

 

Pour Bourgogne coopération, la coopération internationale est un outil au service d'une citoyenneté plus ouverte sur le monde, qui doit permettre de renforcer localement les capacités à découvrir et comprendre les mécanismes et les déséquilibres internationaux, la justice globale et l'interculturalité. Des ambitions qui répondent aussi aux enjeux de la cohésion sociale et du vivre-ensemble rencontrés par tous les acteurs des territoires et notamment de l'éducation, récemment mis en lumière par les tragiques attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Casher.

Face aux enjeux géopolitiques actuels, à la nécessité de construire et promouvoir un monde de paix, la coopération internationale et la citoyenneté mondiale apparaissent comme une proposition efficace pour donner aux habitants les clés nécessaires pour se positionner et agir en tant que citoyens. Au quotidien, l’éducation à la citoyenneté mondiale vise à renforcer la coopération entre les habitants et les territoires à l'échelle internationale, indispensable pour répondre aux enjeux du développement durable qui, à l'image du réchauffement climatique, des migrations, de l'interculturalité ou du développement économique, ne peuvent être appréhendés sans une mobilisation internationale.

S'adressant aux jeunes comme aux adultes, elle aborde des sujets nouveaux et s'ancre dans l'action. La dimension internationale peut parfois être difficile à rendre concrète et à comprendre, notamment pour les plus jeunes, c’est la raison pour laquelle l’éducation à la citoyenneté mondiale s’appuie sur des méthodes actives, participatives et réflexives, permettant de mieux visualiser des processus parfois complexes, d'échanger, de débattre et d'expérimenter. Autre objectif de l’éducation à la citoyenneté mondiale : faire émerger des engagements bénévoles dans le tissu associatif local, voire des séjours à l'étranger, des projets de volontariats ou encore l'accueil de partenaires.

 

Promouvoir activement cette dynamique nécessite d'accompagner les acteurs des territoires à travers la mise en réseau des enseignants, animateurs, bénévoles et professionnels issus de la solidarité internationale et de l'éducation populaire, l’accompagnement et la formation aux méthodes et outils spécifiques à cette approche.

Dans cet esprit, l'Académie de Dijon et le réseau Bourgogne coopération se sont associés afin de proposer des journées de formations, des temps d'échanges et de favoriser l'accès à des ressources spécialisées. Ils proposent aussi un dispositif, les « Tandems Solidaires », ouvert aux associations de la région et à tous les établissements scolaires de l'Académie, qui doit permettre de démultiplier et soutenir les actions menées. Ce dispositif vise à renforcer et à développer durablement leurs liens, en constituant des binômes pour la durée d'une année scolaire. Les parties prenantes des « Tandems Solidaires », réunies autour d'un projet éducatif, s'engagent à mettre en place au minimum trois interventions en lien étroit avec le programme pédagogique. En contrepartie, les tandems sont formés et reçoivent un appui technique et financier pour la mise en place de leurs activités.

A noter également, l'Académie de Dijon et Bourgogne coopération publieront en 2015 un guide pratique visant à permettre l'enseignement de l'éducation à la citoyenneté mondiale en classe de seconde, avec l'appui du Ministère des Affaires Étrangères et du Développement International et la mobilisation de Marie Duru-Bellat, sociologue à Sciences Po Paris et chercheur au CNRS.

 

 

 

 

Le collège Saint-Exupéry de Montceau-les-Mines (71) à l'événement #maplanete2050...

EOSOL maquette_photo de Camille Roux

Christine Bobin, professeure de SVT et responsable de la démarche E3D du collège, nous raconte la mise en œuvre du projet et l'intervention des collégiens à la Maison de Radio France.

Dans la perspective de la COP 21, France Info souhaitait placer la jeunesse et ses solutions au cœur d’un projet éducatif ; en effet, les jeunes d’aujourd’hui seront les adultes des sociétés à venir et seront donc responsables de la cohésion sociale, de l’environnement, de l’économie, de la culture de leur époque… Ainsi naquit l’événement #maplanete2050, organisé en partenariat avec l’Agence française pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE).

Notre collège, engagé dans une démarche de développement durable depuis bientôt 10 ans, a eu l’honneur d’être choisi pour représenter l’académie de Dijon lors de cet événement qui allait réunir 1 000 élèves des cinq continents à la Maison de Radio France à Paris, le 3 novembre 2015.

La mise en œuvre du projet, proposée par Mme Leroy (professeure d’arts plastiques) et supervisée par Mme Bobin (professeure de SVT et responsable de la démarche E3D du collège), a été encadrée par une équipe pluridisciplinaire regroupant neuf enseignants. Le projet avait pour finalité la rédaction d’une proposition d’habitat collectif, en cohérence avec les enjeux du changement climatique, proposition  ensuite illustrée par une maquette. Il allait être porté par la classe de 3e 5,  en moins de sept semaines.

Après un travail de réflexion et de construction par petits groupes, les élèves ont présenté leurs productions à un jury interne qui a retenu la proposition  "EOSOL – la cité du Soleil" défendue par Marie-Lou, Julie, Fanny, Léo et Ilyès.

Quelques ultimes fignolages apportés à la maquette et à l’argumentaire et le colis complet, posté dans les délais à la veille des vacances d’automne, prenait le chemin de la Maison de Radio France !

A la fin des vacances, nous apprenions que la maquette EOSOL avait été choisie par le jury d’experts : ainsi quatre élèves allaient monter sur scène pour représenter la thématique Habitat, lors du direct à l’auditorium de Radio France. 

Quelques mises au point encore la veille du départ pour Paris, auxquelles une équipe de France 3 Bourgogne a assisté, et les élèves de 3e 5 étaient prêts pour aller représenter l’académie de Dijon.

Le jour J, la classe, accompagnée de six adultes impliqués dans le projet, prenait la direction de la Maison de Radio France à Paris.

Dès notre arrivée, les quatre élèves sélectionnées pour monter sur scène se retrouvèrent dans le studio 104 pour préparer leur intervention, pendant que le reste du groupe répondait à nouveau à une interview de France 3 Bourgogne à côté de leur maquette.

Le direct commença en présence de Mme la Ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, et du directeur de France Info  par une photo générale des intervenants, nos élèves occupant les meilleures places !

Enchaînant interview en direct des membres du Comité d’experts, allocution de Nicolas Hulot en différé, présentation filmée de la remise en mains propres du livre blanc au Président de la République, entractes animées par Kamel le Magicien et bien sûr les différentes interventions des élèves, l’émission, animée par Gilles Halais pendant plus de deux heures, s’est terminée par le chœur de Radio France, dans une ambiance très festive.

Outre une prise de conscience des réalités des modifications du climat et des solutions imaginées par les jeunes du monde entier, parfois très revendicatives quant au changement de comportement et de gouvernance vis-à-vis de ces problématiques, cette journée a été aussi l’occasion pour nos élèves de découvrir les métiers de l’organisation et du journalisme.

Lors du retour tardif à Montceau, tous les participants, adultes comme élèves, avaient bien pris la mesure du défi relevé et tiré une certaine fierté à avoir représenté l’académie de Dijon à l’événement #maplanete2050.

Lien vers l'article et la vidéo sur le site de France3

 Les photos qui illustrent cet article ont été réalisées par Camille Roux, journaliste au Journal de Saône-et-Loire.

Aux côtés de Mme la Ministre_photo de Camille Roux

COP21 : les lycéens de Wittmer s'engagent !

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La COP21 qui s’est déroulée en décembre dernier à Paris a été un moment fort dans la lutte contre le réchauffement climatique. Ce rendez-vous essentiel ne pouvait pas être manqué par les lycéens. Dans le cadre du "Pacte Mondial des Lycéens pour le Climat", le lycée Wittmer de Charolles (71) s’est engagé dans un travail en profondeur pour que la voix des jeunes sur le climat soit portée et entendue. Hervé Bernard, professeur de sciences économiques et sociales au lycée Wittmer de Charolles, nous relate ce rendez-vous des lycéens avec la COP21.

Le "Pacte Mondial des Lycéens pour le Climat" est un projet porté par l’Ecole des hautes études de sciences sociales (EHESS) de Paris, le Centre Edgar Morin (CNRS Paris) et des universités comme la Sorbonne, l’Université de Limoges et l’Université Paul Sabatier de Toulouse.

Il rassemble des lycéens de plus de 20 pays : à côté de la France, on y trouve entre autres le Népal, la Chine, l’Ukraine, la Pologne, le Liban, la Roumanie, l’Italie, Israël, Haïti, la Guinée, le Chili, la Colombie, le Brésil, les Etats-Unis soit au total près de 300 lycées répartis sur les cinq continents !

L’objectif de ce projet était à la fois simple et ambitieux : faire travailler ensemble ces lycéens venus du monde entier pour qu’ils rédigent des propositions en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique et des demandes auprès des Chefs d’Etats et de Gouvernements, propositions qui ont été présentées dans le cadre de la COP21 à Paris le 9 décembre dernier et qui ont été transmises à cette occasion.

Au lycée Wittmer de Charolles, une classe s’est mobilisée sur ce projet depuis le mois de janvier 2015.

Le travail de la classe s’est organisé en plusieurs phases

  • Une première phase dans la classe entre janvier et mai 2015 avec des interventions d’universitaires (sociologues et climatologues) pour apporter des éléments de connaissances et sensibiliser les élèves aux enjeux climatiques.
  • Une seconde phase importante avec la participation au "Congrès des Jeunes" à Toulouse, du 25 au 31 mai 2015. Les lycées participant au projet, y compris les lycées étrangers, se sont retrouvés pendant une semaine à Toulouse pour travailler ensemble. La commande était simple : repartir de Toulouse avec une série de propositions adoptées qui constituaient la trame générale du document qui a été remis officiellement pendant la COP21.

Cette rencontre aura été extrêmement riche pour tous les participants : au-delà des propositions qui en ressortent, les éléments marquant de ce congrès auront été surtout les échanges entre lycéens, la confrontation des cultures, des points de vue, la nécessité (et la difficulté) de trouver des points de convergence et surtout le sentiment partagé par tous que c’est de la coopération entre tous que naîtront des réponses fortes.

  • Depuis la rentrée de cette année, de nouvelles séances de travail ont été organisées pour finaliser les propositions transmises pendant la COP21 et commencer à chercher des déclinaisons opérationnelles au sein du lycée.

Bien évidemment, le point d’orgue de ce travail devait être la participation à la COP21 pendant quatre jours. Un programme riche de travail et de rencontres était au menu. Malheureusement, cette participation a dû être annulée.

Après la déception passée, les élèves du lycée Wittmer ont su se remobiliser pour s’engager dans une démarche plus forte et plus ancrée dans l’établissement.

Plusieurs premières actions ont été réalisées

  • Une campagne d’information et de sensibilisation interne au lycée avec notamment la diffusion de vidéos spécifiques et d’un document d’information pour sensibiliser les élèves et toute la communauté du lycée aux enjeux climatiques et à la COP21.
  • La signature d’une pétition marquant l’implication de tous sur ces questions climatiques et les attentes importantes des élèves par rapport à cette COP21. Cette pétition a été transmise à Mme Ségolène ROYAL, ministre de l’Ecologie, du développement durable et de l’énergie, le 9 décembre à la COP21 au Bourget.

Mais ce projet n’est pas terminé. Il va se prolonger à deux niveaux.

Tout d’abord, au sein du lycée Wittmer, ce projet a enclenché une dynamique qui se traduit déjà par la réponse du lycée à l’appel à projets E3D (établissement en démarche de développement durable). Cela va permettre d’élargir le travail effectué par la classe de Terminale ES depuis un an à l’ensemble du lycée. Un groupe d’éco-délégués a également été mis en place et il sera repris par le CVL (conseil de la vie lycéenne) pour l’élargir. Ces éco-délégués vont entamer un travail de fond pour établir le bilan carbone du lycée et commencer à élaborer et mettre en œuvre des actions précises pour tenter de réduire l’empreinte carbone de l’établissement.

De plus, si le projet "Pacte Mondial des Lycéens pour le Climat" s’est terminé avec la COP21, une nouvelle démarche mobilisant toujours les mêmes lycées à travers le monde va s’enclencher à partir de janvier 2016. Quelles conclusions de la COP21 ? Comment suivre la mise en œuvre des décisions prises ? Comment s’engager localement dans des actions concrètes ? Voici quelques unes des questions qui seront travaillées sur l’année 2016, toujours dans le cadre du "Pacte Mondial des Lycéens pour le Climat – Suite !", en lien avec l’ensemble des lycées français et internationaux impliqués jusque-là, l’EHESS et les universités partenaires.

A ce sujet, l’EHESS et le lycée Wittmer réfléchissent ensemble pour organiser à Charolles au mois de mai 2016 une rencontre internationale, "La COP des Lycéens", qui rassemblerait une grande partie des lycées impliqués dans ce projet pour s’engager dans une démarche encore plus forte et durable.

Les élèves attendent maintenant avec impatience la suite des évènements. Le travail pédagogique se poursuit et s’intensifie au sein du lycée. L’année 2016 s’annonce encore riche sur ce thème à Wittmer !

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La parole à Sébastien Appert, directeur de Latitude21

 

1) Pouvez-vous nous présenter Latitude21, son rôle, ses missions et les principales actions que vous menez en EEDD ?

 Latitude21, c'est la maison de l'architecture et de l'environnement du Grand Dijon, un établissement public dédié à la sensibilisation et l'éducation au développement durable en prenant en compte les dimensions environnementales, mais également urbanistiques et architecturales. Nos principales activités sont :

  •  un programme d'interventions pédagogiques dans tous les établissements scolaires du territoire

L'objectif principal de ces interventions pédagogiques est d'apporter aux enseignants un complément au travail qu'ils effectuent avec leurs élèves sur l'environnement, l'urbanisme, l'architecture et plus largement le développement durable. Ce dispositif est ouvert à tous les établissements du territoire de l'agglomération, et ce, de la maternelle jusqu'au lycée.

Chaque intervention se déroule sur plusieurs séances pour une activité plus intégrée dans la vie de la classe. En effet, intervenir sur deux, trois, quatre séances permet un travail entre chaque séance et donc une intégration plus importante de la thématique dans les apprentissages.

Les animations sont effectuées par Latitude21 et par nos partenaires associatifs. Cela permet d'avoir recours aux compétences propres à chaque association et de soutenir leur activité. Avantage indéniable : les intervenants sont tous passionnés par leur sujet et à même de transmettre cette passion.

Dans le même esprit, les interventions privilégient la connaissance de l'environnement le plus proche et non la découverte de lieux intéressants mais trop éloignés de la vie quotidienne des enfants. L’intérêt est également de permettre la reproductibilité par l’enfant de la démarche d’investigation ou d’observation.

Pour l'année scolaire 2014-2015, ce sont 1 325 animations qui ont été mises en œuvre sur le Grand Dijon pour 523 classes de la maternelle au lycée.

  •  la production d'expositions, d'outils de médiation et la mise en place d'ateliers en direction des familles

Plus de 45 expositions en 7 ans sur tous les sujets, 120 ateliers par an où parents et enfants apprennent ensemble, des dizaines de soirées thématiques et de conférences. Ce qu'il faut souligner, c'est que Latitude21 a mis en place un fonctionnement très partenarial et que nous tenons beaucoup à cette dimension participative et ouverte. Toute personne, association, institution peut nous solliciter pour construire une exposition, organiser une journée thématique, une conférence. Aujourd'hui plus que jamais et face aux grands enjeux de notre siècle, la collaboration est de mise.

En plus de ces deux grands piliers d'activités, nous gérons avec le Comité départemental de randonnée pédestre de Côte-d'Or, 350 km de sentiers de pays qui servent également de support à des activités pédagogiques et à des balades naturalistes.

 

2) Latitude21 a consacré une exposition au climat, dans le cadre de la COP21. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette exposition et sur votre action éducative sur le thème du changement climatique ?

Nous avons, depuis le début, des animations sur le thème du changement climatique notamment avec l'association Bourgogne Énergies Renouvelables*, mais à l'occasion de cette année placée sous l’événement mondial de la conférence sur le climat, Latitude21 a voulu aller plus loin et s'est mobilisé au côté du Groupe de Recherche en Ecologie Arctique** afin de produire deux expositions sur le thème de l'Arctique, sentinelle du climat :

- une exposition sur les conséquences du réchauffement climatique sur l'Arctique : conséquences physiques, conséquences sur les écosystèmes et conséquences sur les organisations humaines,

- et une exposition sur 25 ans d'exploration scientifique qui permet d'appréhender la manière dont la connaissance se forme sur ces sujets. 

Nous avons également organisé avec le GREA une table ronde le 6 juin dernier avec, entre autres, Jean-Christophe Victor (Le dessous des cartes, Arte), Romain Troublé (TARA**), Jean-Louis Étienne et Allain Bougrain Dubourg. Temps fort de cette mobilisation, 500 personnes ont répondu présentes à cet événement labellisé COP21.

 

3) Quel est, selon vous, l’intérêt de la plate-forme de l’EEDD pour les acteurs Bourguignons de l’EEDD ?

L'intérêt de la plate-forme est multiple :

  • Tout d’abord, mettre à disposition une entrée commune sur le territoire qui permette de visualiser la diversité et la richesse des acteurs et des propositions en matière d’éducation à l’environnement et au développement durable
  • Pour Latitude21, nous faire mieux connaître sur le territoire régional, échanger nos savoirs faire et participer à un collectif d'acteurs qui partagent nos préoccupations.
  • Enfin, avoir permis aux acteurs de se fédérer, de mieux se connaître les uns les autres, d'échanger et de créer une émulation commune.

 

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* Bourgogne Énergies Renouvelables (BER) : association partenaire de la plate-forme de l'EEDD : voir la fiche acteur de BER

** Le Groupe de Recherche en Ecologie Arctique (GREA) est une association qui vise à mieux connaître les écosystèmes de l'arctique et à sensibiliser le grand public sur leur beauté et leur fragilité. Depuis 1973, plus de 120 naturalistes bénévoles du GREA sont allés étudier la faune et la flore polaires au cours des expéditions mises en œuvre par l’association. En savoir plus sur le GREA : http://grearctique.free.fr

** Tara Expéditions organise des expéditions pour étudier et comprendre l'impact des changements climatiques sur nos océans. En savoir plus sur TARA Expéditions : http://oceans.taraexpeditions.org/

 

Dernière mise à jour le 14.12.2015

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